Commémoration à Crans-Montana le 4 janvier 2026, après l'incendie survenu dans le bar "Le Constellation" au nouvel an - Jean-Christophe Bott/AP/SIPA

Incendie de Crans-Montana : la commune suisse admet un « manquement » aux contrôles périodiques du bar entre 2020 et 2025

Après le drame du 31 décembre survenu dans le bar « Le Constellation » à Crans-Montana en Suisse, la commune a pris pour la première fois la parole. Les derniers bilans font état de 40 personnes décédées, dont neuf Français, et de 116 blessés.
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Quelques jours après l’incendie survenu dans le sous-sol d’un bar suisse, « Le Constellation », à Crans-Montana, le président de la commune s’est exprimé pour la première fois ce mardi matin, lors d’une conférence de presse.

Pas de contrôles de sécurité depuis 2019

Nicolas Féraud, président du conseil communal de Crans-Montana, a expliqué que la loi impose au service de sécurité communal « de faire des visites périodiques annuellement » dans les établissements accueillant du public. Des obligations qui ont été respectées en 2016, 2018 et 2019, a-t-il expliqué, avec des demandes spécifiques de modifications pour respecter les normes incendies. A ce moment-là, aucun problème n’avait été relevé et les rapports de contrôle mentionnaient une limite de capacité de 100 personnes pour le rez-de-chaussée et du même nombre pour le sous-sol.

Cependant, ces contrôles « n’ont pas été effectués de 2020 à 2025 », et « nous le regrettons amèrement », a admis Nicolas Féraud. Sans savoir pourquoi ces inspections n’ont pas été réalisées : « Nous en sommes profondément navrés, nous n’avons pas de réponse aujourd’hui ». Dans un communiqué, la commune a précisé que « la justice dira l’influence qu’a eu un tel manquement dans la chaîne de causalité ayant conduit au drame », et qu’elle assumerait « toute la responsabilité que la justice déterminera ».

Rappelant que le bâtiment abritant le bar a été construit en 1967, Nicolas Féraud a indiqué que son propriétaire a fait une demande d’autorisation de construction d’une véranda extérieure couverte, attenante au bar, en 2015, avant la constitution de la commune de Crans-Montana survenue en 2017. Et « aucune demande n’a été effectuée pour les travaux intérieurs », après 2015, a-t-il ajouté, la législation suisse ne l’obligeant pas à le faire. « Cette absence de demande formelle ne dispense toutefois pas le maître d’ouvrage de son obligation générale de respecter les dispositions légales et réglementaires en vigueur, notamment en matière de sécurité et de conformité des installations », a-t-il toutefois précisé.

Les propriétaires du bar visés par une enquête

« Le Constellation » appartient à deux Français, Jacques et Jessica Moretti. Ceux-ci sont visés depuis ce week-end par une enquête et soupçonnés d’ « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Ils n’ont, pour l’heure, pas été placés en détention provisoire, ni assignés à résidence.

Les premiers éléments de l’enquête ont permis de déterminer que l’incendie a été provoqué par des bougies dites « fontaines », qui ont mis feu au plafond du sous-sol recouvert d’une mousse acoustique. La suite de l’enquête doit déterminer si cette mousse était conforme. La chaîne de télévision suisse RTS a révélé lundi des vidéos montrant que le danger de l’utilisation de ces bougies à proximité de la mousse était déjà connu lors du nouvel an 2019-2020. De son côté, Nicolas Féraud a affirmé que la commune n’avait pas été informée de ce danger : « Nous aurions voulu que ces personnes nous alertent. Nous serions intervenus immédiatement si nous avions su quelque chose ». Il a également dénoncé « la négligence de l’exploitant dans la gestion de l’établissement » et « une culture du risque inconsidéré », mises en lumière par ces vidéos.

Interdiction des engins pyrotechniques dans les lieux fermés à Crans-Montana

Après cet incendie, le conseil communal a pris la décision d’interdire « l’usage d’engins pyrotechniques de toute sorte dans les lieux fermés, sur l’ensemble du territoire communal ». Un bureau extérieur spécialisé a également été mandaté pour réaliser un contrôle de tous les établissements de Crans-Montana, notamment sur la sécurité et la qualité des matériaux.

Interrogé sur la possibilité qu’il démissionne, Nicolas Féraud a répondu qu’ « on ne quitte pas un navire au milieu de la tempête ». « Nous sommes tous extrêmement tristes », a-t-il confié. Et de conclure : « J’ai vécu cette semaine de façon extrêmement difficile. Je sais que je porterai ce fardeau et la tristesse de toutes ces familles toute ma vie ».

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