« J’ai vu beaucoup de sportifs tomber » quand Nelson Monfort raconte la « petite mort des sportifs ».

Il les a accompagnés, interrogés, et est devenu au fil de leurs rencontres presque leur confident. Mais s’il promène déjà depuis plus de trente ans son élégance toute britannique sur le bord des cours de tennis, ou des patinoires, il n’a jamais cherché à devenir l’ami des sportifs. Pourquoi n’a-t-il jamais voulu aller au-delà ? Quelles limites s’impose-t-il ? Cette semaine Nelson Monfort est au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission d’entretien Un monde, un regard.
Pierre Bonte-Joseph

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Depuis 30 ans il a assisté aux plus belles compétitions, commenté les plus belles courses de sprint, et accueilli les mots de victoire des plus grands champions. Usain Bolt, Marie-José Pérec, Carl Lewis, ce sont tous un jour retrouvé à son micro pour parler de leurs records, ou de leurs échecs. Une silhouette et un timbre de voix qui ont fait de Nelson Monfort un journaliste à part, et avec une méthode bien à lui, faite de proximité et de distance.

« Je n’ai jamais cherché à célébrer la troisième mi-temps des sportifs de haut niveau. C’est leur moment ce n’est pas le mien » lance-t-il avant de détailler « Je n’ai jamais cherché à taper dans le dos des joueurs et les rares fois où je pouvais difficilement dire non, je ne me sentais pas à ma place » lors de la troisième mi-temps.

Garder la distance avec les sportifs

Celui qui se décrit lui-même comme un « passeur d’émotions », reste fasciné par les champions et leur capacité à répondre présent le jour de la compétition. Mais si la fascination est intacte il n’a jamais cherché à devenir l’ami des joueurs : « C’est exactement la même chose pour les artistes : leur moment, c’est le moment où ils sont sur scène où ils peuvent vous apporter le meilleur de ce qu’ils sont. Je n’ai jamais été fan de voir les artistes dans leurs loges ». Pour le journaliste les compétiteurs montrent ce qu’ils ont de meilleurs sur les pistes, dans les stades, dans l’enceinte sportive mais pour lui « après vous ne pouvez quasiment, qu’aller au-devant de déceptions » ajoute-t-il.

La difficile fin de carrière des sportifs de haut niveau

Celui qui a commencé sa carrière voilà plus de trente ans connaît mieux que personne la vie des sportifs. Côté pile quand ils sont sur le podium, mais aussi côté face, quand la vie sportive s’arrête du jour au lendemain. Une période que certains qualifient de « petite mort ».

« A la fin d’une carrière de sportif, la lumière s’éteint très vite » Nelson Monfort

Pour Nelson Monfort, à la fin de leur carrière, ce n’est pas seulement la question de la rémunération qui pose problème « C’est surtout qu’il n’y a plus la lumière et la lumière s’éteint très vite, elle ne s’éteint pas progressivement. La petite mort c’est ça. » décrit-il avec tristesse, avant d’ajouter qu’il a « vu beaucoup des sportifs tomber. » Et de citer l’exemple du champion olympique de saut à la perche Pierre Quinon qui s’est suicidé. « A la fin de sa vie », détaille-t-il « celui qui avait été médaille d’or en 1984 au JO de Los Angeles vendait des poulets sur des aires d’autoroutes » se souvient-il.

Regarder l’émission en replay

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« J’ai vu beaucoup de sportifs tomber » quand Nelson Monfort raconte la « petite mort des sportifs ».
8min

Société

Périscolaire : à Paris, la procureure face à « une massification des signalements »

Face à la multiplication des affaires de violences sexuelles dans le périscolaire, à Paris, la procureure de la République du tribunal de Paris, Laure Beccuau, reconnaît qu’« il faut restaurer la confiance ». Avec « 2.900 enquêtes en cours » sur les violences sexuelles subies par les mineurs, « les violences périscolaires, c’est à peu près 10 % des dossiers », souligne-t-elle. Soit « 235 enquêtes pénales ouvertes par le parquet de Paris pour violences en milieu scolaire et périscolaire », précise la sénatrice LR, Agnès Evren.

Le

« J’ai vu beaucoup de sportifs tomber » quand Nelson Monfort raconte la « petite mort des sportifs ».
4min

Société

Handicap : « L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne présidentielle », espère Emmanuel Macron

A l’occasion de la 7e Conférence national du handicap, Emmanuel Macron a dressé le bilan de son action en la matière, avec une école plus inclusive et un meilleur taux d’emploi des personnes en situation de handicap. Mais beaucoup reste à faire en matière d’accessibilité. Une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement » sera présentée d’ici la fin de l’année.

Le

France Macron
5min

Société

Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexuelles ...Toutes les nouveautés à l’école en cette rentrée 2026 

Ce sont au total 11 607 600 élèves qui ont effectué leur rentrée scolaire aujourd’hui, dans les 57 700 écoles et établissements scolaires de France. Interdiction des téléphones portables, questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles : zoom sur toutes les nouveautés de ce mois de septembre 2026.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
6min

Société

Immigration clandestine à Mayotte : « il faut arrêter avec la baisse de l’aide publique au développement » réagit le sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi

En visite cette semaine à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour mieux lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, notamment la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins. Pour le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et ancien ministre chargé de la Francophonie, cette conditionnalité va dans le bon sens mais il faut stopper les coupes budgétaires dans l’aide au développement. 

Le