Jean-Marie Périer : « J’ai failli mourir dans une bagnole avec Johnny Hallyday »

Jean-Marie Périer : « J’ai failli mourir dans une bagnole avec Johnny Hallyday »

Sa passion c’était d’abord la musique. Mais à 16 ans, celui qui rêve d’être jazzman va commencer par photographier ses idoles. Sa rencontre avec le fondateur de Paris Match, Daniel Filipacchi qui l’embauche comme photographe décidera de sa carrière : « C’était magique » se souvient-il. Depuis plus de 60 ans, Jean-Marie Périer immortalise des instants, jamais volés, avec les plus grands artistes.
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Par Marie Brémeau

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Des moments gravés à jamais dans sa mémoire, comme ce fameux jour de 1966 où il retrouve Johnny Hallyday pour une séance photo. « Il avait touché cette Ferrari le matin, c’est-à-dire qu’il l’avait sortie du garage, il l’avait commandée et il me dit on va faire des photos au bois. Je dis d’accord on se retrouve, moi j’étais dans une autre voiture c’est pour cela qu’il y a le flou comme cela. Et puis après la photo, il me "dit bon ben on se retrouve après au « Fouquet’s » pour déjeuner". Et il part. Et au croisement suivant, il explose la bagnole. Elle a duré une heure et demie cette Ferrari-là. » Mais visiblement la rock star française était un coutumier de ce genre de mésaventures. « J’ai même failli mourir moi dans une bagnole avec lui, une Lamborghini Mura, c’est haut comme cela, on est rentré à 140 dans un arbre. Il n‘arrêtait pas, mais lui, il n’avait jamais rien. »

« Quand je photographie quelqu’un, pendant la séance je l’aime »

Des modèles tous jeunes, beaux en ce début d’années « yé-yé ». Ceux qu’il immortalise derrière son objectif, Jean-Marie Périer les regarde avec tendresse, affection : « Quand je photographie quelqu’un même si c’est quelqu’un que je ne connais pas du tout, pendant la séance je l’aime, voilà. Mon but c’est de le mettre en valeur. »

Des photos toujours posées, travaillées, et réfléchies, impossible pour lui de voler des clichés à la manière d’un « paparazzi ». Et quand il s’y essaye encore jeune photographe, il avoue aujourd’hui s’être senti « minable ». « Je travaillais un peu pour Match quand j’avais 18 ans. Ils m’ont fait suivre Brigitte Bardot pendant 3 mois, car son mari venait de partir à l’armée et le patron de Match m’a dit « il faut une photo où elle pleure en gros plan pour la couverture ». Je l’attendais pendant des heures en bas de chez elle, j’avais honte. Et un jour dans la forêt de Louveciennes je suis derrière elle, un peu loin derrière les arbres, ridicule, et elle était de dos, elle se retourne en larmes. Je suis parti en courant, je n’ai pas pris la photo, fin de ma carrière de paparazzi. »

Les dangers de l’anonymat sur les réseaux

De nombreux clichés qui témoignent d’une époque révolue, bénie, où les artistes, et les stars étaient spontanés. Ce que regrette profondément le photographe. « Aujourd’hui la fête est finie. Ils ont peur de tout, ils sont terrorisés par ce que l’on va dire d’eux. Internet est très dangereux, ça a bousillé complètement les rapports entre les gens. Je ne comprends pas. C’est une invention géniale Internet ! Sur mon Instagram, il y a des gens qui me parlent du Brésil ou d’Inde, c’est incroyable. Or ce qui a tué cela, c’est le pseudo, le pseudo c’est le corbeau, c’est l’anonymat, c’est comme les corbeaux pendant la guerre. »

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