L’Intelligence artificielle menace-t-elle nos emplois ?

L’Intelligence artificielle menace-t-elle nos emplois ?

Ce jeudi, une audition publique se tenait au Sénat sur l’Intelligence artificielle. Elle préfigure le début d’une réflexion plus générale lancée par le gouvernement.
Public Sénat

Par Julie Philippe

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Si vous considérez que l’Intelligence artificielle est une menace potentielle pour votre emploi, vous n’êtes pas le seul. « L’approche française est celle de l’appréhension. 65% des Français se disent inquiets », affirme Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat chargée du numérique et de l’innovation. Les Anglais ne sont que 36 % et les Américains 22 % à exprimer des craintes sur le sujet.

Un thème qui fait l’objet de nombreux débats. « Ceux qui n’auront pas d’emplois complémentaires de l’Intelligence artificielle n’auront pas de travail ! », prophétise Laurent Alexandre, entrepreneur et chirurgien. Il en est sûr, « l'Intelligence artificielle aura dépassé les meilleurs radiologues avant 2050 ».

10% des emplois seraient menacés

Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi est plus nuancée. Selon les résultats d’une enquête menée par le COE, moins de 10 % des emplois seront réellement menacés. Et il s’agira surtout des moins qualifiés victimes de l’automatisation.  Pour elle, les métiers, plutôt que de disparaître vont se transformer. « L’Histoire montre que le progrès technologique de tous temps a créé de l’emploi », rappelle-t-elle.

Une analyse approuvée par la ministre Axelle Lemaire. Elle estime que la question de la destruction des emplois « n’est pas la bonne manière d’aborder le sujet », et pense que les emplois vont « se transformer » et non être « détruits » par l’IA.

Jean-Christophe Baillie, entrepreneur, propose une approche encore plus novatrice : grâce aux robots, l’homme pourrait s’émanciper du travail. « Ils permettraient de faire les tâches que personne ne souhaite effectuer. A la place, les gens seraient libres de faire des activités qui leur plaisent », imagine le scientifique. Une nouvelle vision de la société qui passerait par des règles apprises depuis l’enfance. Pas sûr que les salariés japonais de la société Fukoku Mutual Life Insurance Co soient du même avis. Watson, l’intelligence artificielle d’IBM, va remplacer 47 d’entre eux dès le mois de mars.
Dans le même ordre d’idée, s’il y a bien un point sur lequel tous sont unanimes, c’est le besoin de formation et d’information.

Un manque de formation du public

Jean-Claude Heudin, directeur de l’Institut de l’Internet et du multimédia considère que  la recherche dans l’IA est au premier plan en France, le gros problème réside plutôt dans un déficit d’information du grand public. « Tous ces sujets sont encore très anxiogènes en France. Il faut faire beaucoup de formation pour les remettre à leur juste place. »

« Ce qui ressort des débats, c’est la nécessité de concerner la population la vie pour permettre à nos concitoyens de comprendre les enjeux éthiques, sociétaux et y faire face », résume Dominique Gillot, la sénatrice et organisatrice de l’audition publique.

Une volonté visiblement comprise par le gouvernement. Axelle Lemaire a annoncé qu’elle souhaitait « mobiliser tous les membres de la communauté IA et fédérer les nombreuses initiatives émergentes en France pour définir une stratégie nationale concertée ». Une réflexion entamée dès ce vendredi en compagnie de nombreux chercheurs sous l’égide de la ministre et de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

« Nous n’en sommes qu’au début, mais la France tient à être présente dans cette page de l’Histoire, en considérant que l’IA est un outil au service de la croissance et de la prospérité sociale s’il est bien utilisé », a déclaré Axelle Lemaire.

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