La fabrique du génie
Cette semaine, dans Livres & vous sur Public Sénat, Guillaume Erner et ses invités s’intéressent au génie, au génie sous deux formes : celle des mathématiques avec David Bessis, auteur de « Mathematica – une aventure au cœur de nous-même » (Ed. du Seuil) et celui plus littéraire et philosophique de Pascal avec une spécialiste du grand homme, scientifique elle aussi, Laurence Plazenet, auteure d’un article dans l’ouvrage collectif « La fabrique du chef-d’œuvre » (Ed. Perrin).

La fabrique du génie

Cette semaine, dans Livres & vous sur Public Sénat, Guillaume Erner et ses invités s’intéressent au génie, au génie sous deux formes : celle des mathématiques avec David Bessis, auteur de « Mathematica – une aventure au cœur de nous-même » (Ed. du Seuil) et celui plus littéraire et philosophique de Pascal avec une spécialiste du grand homme, scientifique elle aussi, Laurence Plazenet, auteure d’un article dans l’ouvrage collectif « La fabrique du chef-d’œuvre » (Ed. Perrin).
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« On considère Pascal comme un génie avant tout parce que c’est un homme du XVIIe siècle qui couvre tous les savoirs de son époque : c’est un physicien, un grand mathématicien probablement à l’origine du calcul des probabilités et du calcul infinitésimal mais aussi un philosophe, un théologien… et l’ensemble de ses préoccupations sont unis et fusionnent dans son chef-d’œuvre absolu : « Les pensées » ». Le génie de Blaise Pascal repose donc à la fois sur la profondeur, l’acuité de son regard et la diversité des champs de ses intérêts.

On naît génie… on ne le devient pas ?

Pour autant faut-il être fait d’un métal particulier pour être UN génie ? Pour le mathématicien David Bessis « évidemment, une rumeur consiste à dire que l’on naît génie en venant au monde et que ne le devient pas mais ce qui est frappant c’est de voir que les plus grands génies de la science ou des mathématiques ont souvent écrit pour dire le contraire ».
Ainsi l’auteur de « Mathematica » rapporte qu’Albert Einstein disait souvent : « Je n’ai aucun don particulier, je suis juste passionnément curieux ». Le génie se moque-t-il alors de nous ou est-ce un ressenti partagé par la majorité de ces grands scientifiques ? Les invités de Livres & vous semblent favoriser la seconde option puisque Descartes également débute « Le discours de la méthode » par cette affirmation que résume David Bessis : « Je ne suis pas plus intelligent que les autres, j’ai juste trouvé une méthode ».

Alors existe-t-il une méthode pour devenir un génie des mathématiques ? Pour David Bessis ce n’est pas exclu et il existe de nombreux points communs « dans tous les récits de grands mathématiciens qui ont raconté comment ils sont devenus des génies ».

Mais pour appréhender les mathématiques, comme toutes autres sciences, avant même d’aspirer à devenir un jour un génie, il faut tâtonner, apprendre, travailler, « il ne faut pas croire que les grands mathématiciens trouvaient cela particulièrement simple au début » précise David Bessis qui ajoute « accepter que cet apprentissage prenne du temps c’est lui donner une chance de succès ».

Comprendre le monde grâce aux sciences sans oublier son intuition

« Une des clés pour moi a toujours été le moment de me rendre compte qu’à chaque fois que mon intuition me disait quelque chose et que la logique et le calcul me disaient autre chose, je ne devais renoncer ni à l’un ni à l’autre, mais les faire dialoguer, les confronter pour progresser ».
Eduquer son intuition pour devenir un meilleur scientifique, voici une des leçons de David Bessis pour mieux comprendre les sciences mais aussi le monde qui l’entoure. « Chaque concept suppose de travailler une intuition particulière » poursuit le scientifique.
Une clé pour diffuser les connaissances quelques soient les disciplines et les époques.

Retrouvez l’intégralité de l’émission ici.

« Mathematica – une aventure au cœur de nous-même » de David Bessis – Ed. du Seuil

« La fabrique du chef-d’œuvre » ouvrage collectif dirigé par Sébastien Le Fol avec notamment Laurence Plazenet – Ed. Perrin

Partager cet article

Dans la même thématique

La fabrique du génie
3min

Société

« Pour certains c’est trop dur de se dire que s’il y a des femmes violentées, c’est qu’il y a des hommes violents », s’interroge Ghada Hatem

Il y a 10 ans maintenant Ghada Hatem médecin gynécologue fondait la première maison des femmes à Saint-Denis. Un lieu pour soigner les femmes victimes de violences psychologiques ou sexuelles. 10 ans après, le modèle a essaimé partout en France. Mais que pense-t-elle de la hausse des féminicides et du retour de discours masculinistes qui séduisent de plus en plus de jeunes hommes ? Ghada Hatem répond à toutes les questions de Rebecca Fitoussi dans l’émission « Un monde, un regard ».

Le