La mission d’information du Sénat sur l’égalité des chances a poursuivi ses auditions. Ce jeudi, elle a reçu des analystes de l’éducation au niveau français et international. Leur constat est sans appel : les inégalités scolaires sont très élevées en France, mais la situation n’est pas irréversible.
« La France est un des pays où les inégalités scolaires sont les plus élevées »
La mission d’information du Sénat sur l’égalité des chances a poursuivi ses auditions. Ce jeudi, elle a reçu des analystes de l’éducation au niveau français et international. Leur constat est sans appel : les inégalités scolaires sont très élevées en France, mais la situation n’est pas irréversible.
Par Joseph Stein
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Les résultats scolaires des enfants français ont récemment fait la une des journaux, mais pas pour une bonne raison. En décembre dernier, une enquête internationale indiquait que le niveau en mathématiques des élèves de CM1 est le moins bon parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au-delà de la faiblesse de ces résultats, c’est surtout la hausse des inégalités entre élèves qui inquiète. « La France est un des pays où les inégalités scolaires sont les plus élevées, avec la Belgique et l’Allemagne », alerte Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE.
Fabienne Rosenwald, de la direction de l’évaluation du ministère de l’Education nationale, partage son avis. Elle remarque qu’une part importante des élèves fait face à des difficultés tout au long de leur scolarité : désormais 20 % des élèves de 15 ans. La description qu’elle donne a de quoi laisser pantois : « Lors des journées défense et citoyenneté, nous décelons qu’un jeune sur dix a des difficultés de lecture et parmi eux, la moitié se trouve en situation d’illettrisme. » Ces jeunes en situation de difficulté scolaire présentent un risque plus élevé de quitter l’enseignement sans diplôme, ce qui compliquera leur accès à l’emploi.
Pour la fonctionnaire du ministère de l’Education, ces difficultés et l’accroissement des inégalités scolaires qu’elles provoquent existent avant même l’entrée à l’école élémentaire. En effet, dès le CP des différences sont observées entre les enfants selon que leurs parents sont d’un milieu favorisé ou modeste, notamment en matière de vocabulaire.
Faire de l’éducation des plus jeunes une priorité
Néanmoins, « les inégalités scolaires ne sont pas une fatalité », assure Eric Charbonnier. Depuis 2009, les inégalités scolaires n’augmentent plus en France. L’analyste invite à observer les pays de l’OCDE qui parviennent à proposer une éducation de qualité tout en réduisant l’impact de l’origine sociale des élèves sur la poursuite de leur parcours. Plusieurs leviers d’action peuvent être enclenchés pour diminuer les différences entre élèves, par exemple favoriser la coopération entre enseignants pour échanger des bonnes pratiques et investir dans les établissements d’éducation prioritaire. « Il faut réussir à y attirer les personnels expérimentés », recommande l’expert.
En particulier, il convient d’accorder plus de moyens à l’éducation des plus jeunes élèves. Les écarts liés à l’origine sociale des enfants tendent à se maintenir au courant de leur scolarité, il vaut donc mieux s’y attaquer le plus tôt possible. La France consacre actuellement une dépense par élève dans l’enseignement élémentaire 8 % plus faible que la moyenne de l’OCDE. Cependant, Eric Charbonnier salue la priorité donnée au primaire à partir de 2012. Dans cette perspective, le dédoublement des classes de CP en 2017 est de nature à provoquer des effets positifs, même s’il faudra attendre encore quelques années avant d’en mesurer pleinement les impacts.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, l’écrivaine exprime ses inquiétudes face à l'IA.
Quatre Français sur 10 s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Or, les nouveaux espaces informationnels échappent largement aux outils de régulation, une brèche pour les puissances étrangères malveillantes. Cette question était au cœur d’un colloque organisé par l’Arcom et le Sénat sur la liberté d’expression à l’heure du numérique.
Le succès massif de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes se heurte aux réalités du terrain, avec des centres souvent débordés et des délais d’attente qui marquent de fortes disparités d’un territoire à l’autre. Cinq ans après l’adoption de la dernière loi de bioéthique, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a publié 1er juillet dernier un bilan de sa mise en œuvre.
Dès le plus jeune âge, des inégalités de genre apparaissent dans les filières scientifiques et tendent à s’affirmer tout au long du parcours des femmes, pointe un rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat, fruit de huit mois de travaux et de l’audition de 120 personnes. Les rapporteures formulent vingt recommandations.