Laïcité : dans mon combat « J’ai perdu beaucoup d’amis à l’extrême gauche », Caroline Fourest
Elle est journaliste, essayiste, et réalisatrice… Que ce soit dans ses livres, dans ses articles ou sur grand écran, elle passe sa vie à encaisser les coups pour défendre l’égalité ; contre les extrêmes qu’ils soient religieux ou politiques. Cette semaine Caroline Fourest est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission « Un monde, un regard ».

Laïcité : dans mon combat « J’ai perdu beaucoup d’amis à l’extrême gauche », Caroline Fourest

Elle est journaliste, essayiste, et réalisatrice… Que ce soit dans ses livres, dans ses articles ou sur grand écran, elle passe sa vie à encaisser les coups pour défendre l’égalité ; contre les extrêmes qu’ils soient religieux ou politiques. Cette semaine Caroline Fourest est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission « Un monde, un regard ».
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Voilà plus de 25 ans que Caroline Fourest mène les combats pour la liberté et contre les extrêmes, qu’ils soient religieux ou politiques, sans jamais rien lâcher. Un combat qui trouve ses racines dans l’adolescence. Scolarisée dans des établissements catholiques privés, elle ressent à l’époque « l’hypocrisie entre un discours très moralisateur, où l’on prétend que tout est amour, et des discours sur les homosexuels d’une violence absolue ». Une époque où elle comprend qu’elle aime les femmes. « C’est en me battant pour l’égalité des droits que j’identifie ceux qui s’y opposent le plus, et les intégristes religieux se positionnent souvent en travers de cette égalité hommes/femmes ou des homosexuels », détaille-t-elle.

C’est au journal étudiant « Transfac » où elle débute en 1995, qu’elle affûte ses premières armes dans le journalisme d’investigation, qui deviendra vite son mode d’action préféré. Elle y réalise plusieurs infiltrations notamment dans les milieux d’extrême droite. C’est aussi dans cette rédaction qu’elle rencontre Fiammetta Venner, qui deviendra sa compagne dans la vie et dans les luttes. Celles que rien ne sépare désormais mèneront une lutte commune et cosigneront de nombreux essais autour de l’extrême droite, des intégrismes religieux ou de la laïcité. Naît alors de cet engagement commun la revue ProChoix, dédiée à l’enquête, à la réflexion autour des libertés individuelles et du droit de choisir sa vie.

« On ne peut pas dédiaboliser le diable »

A l’heure où l’extrême droite atteint ses plus hauts scores électoraux, Caroline Fourest ne regrette rien de son action : « Si on n’avait pas mené ce combat, cela ferait très longtemps que la famille Le Pen régnerait sur la France », estime celle pour qui le parti d’extrême droite n’est pas un parti comme les autres. Ainsi se souvient-elle d’un échange avec Béji Caïd Essebsi, en campagne pour l’élection présidentielle tunisienne en 2014, où il lui demande s’il doit combattre frontalement les islamistes d’Ennahdha. « Regardez, vous avez diabolisé le FN, ça ne vous a pas réussi ». Avant d’entendre Caroline Fourest lui rétorquer : « Essayez la dédiabolisation, vous verrez ! Ça vous réussira encore moins. Si vous pensez que dédiaboliser Ennahdha vous réussira, vous faites une erreur que vous allez payer très cher. On ne peut pas dédiaboliser le diable. »

Au sein de la gauche, « les coups sont les plus durs »
 

Mais celle qui cherche en permanence « à articuler liberté et égalité » va peu à peu s’éloigner de certains de ses compagnons d’armes. Si le combat contre l’extrême droite soude, la question du voile déchire l’équipe de la revue qu’elle a fondée : « des membres de Prochoix sont partis du côté du soutien au voile. On était tous d’accord sur le Pacs, mais sur le voile, on ne l’était plus. » Des prises de position pour contrer l’obscurantisme religieux qui divisent aussi à gauche. Pour Caroline Fourest, la « lutte des classes » ne doit pas se traduire par « un clientélisme communautés par communautés […] Je n’ai jamais combattu pour les particularismes, j’ai combattu contre les discriminations, pour l’égalité au nom de la République », ajoute-t-elle. En cela, la liberté de créer et la liberté d’expression ne doivent pas se taire face au combat pour l’égalité. S’il est plus facile d’assumer son combat à gauche que contre les extrémistes de droite, elle regrette la perte de beaucoup d’amis de son camp. « C’est lorsque l’on essaye de dénoncer des comportements excessifs, manichéens et sectaires, voire parfois des complicités avec d’autres intégristes religieux, que les coups sont les plus durs ». Il faut alors résister aux accusations et à l’image erronée que l’on vous renvoie.

 

 

 

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