Bloc operatoire de chirurgie robotique CHU de Nice
Operation en cours sur un patient, bloc operatoire du centre de chirurgie robotique, plateau technique avec (Outil de realite augmenter, Double console pour l'apprentissage, Assistance par infirmiers, Outils de formation video, Controle a distance). CHU de Nice, Hopital Pasteur 2, Nice FRANCE - 27/03/2023//SYSPEO_sysA033/Credit:SYSPEO/SIPA/2303301644

Les internes en médecine en grève pour protester contre leurs conditions de travail

Dans un communiqué paru le 4 avril, l'intersyndicale nationale des internes appelle à une « journée nationale sans internes », ce vendredi 28 avril. Les différents syndicats de médecins internes réclament, à l’unisson, « que les médecins de demain soient reconnus à leur juste valeur : des acteurs incontournables du système de soins ».
Henri Clavier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« La vocation à n’importe quel prix n’existe pas. Sans conditions de travail dignes nous ne pouvons pas soigner correctement les gens, nous ne pouvons pas continuer d’exercer notre métier », déclare Olivia Fraigneau, présidente de l’intersyndicale nationale des internes (Isni). L’Isni dénonce des conditions de travail de plus en plus précaires qui, cumulées au stress, finissent par devenir dangereuses. Dans un contexte de crise de l’hôpital, les internes dénoncent un système qui repose de plus en plus sur eux, avec des conséquences concrètes : plus de responsabilités (alors qu’ils sont en formation) et plus de temps de travail.

« La charge de travail trop importante affecte énormément la santé mentale des internes »

L’intersyndicale dénonce, en premier lieu, un temps de travail excessif et un non-respect du plafonnement du temps de travail fixé à 48 par semaine et exige un décompte réel du temps de travail. Une enquête de l’intersyndicale identifie plutôt une moyenne de 58 heures de travail par semaine pour les internes avec cependant des variations importantes en fonction des services et des hôpitaux. « D’autant plus qu’il y a eu un arrêt du Conseil d’État, en juin dernier, qui enjoint tous les hôpitaux à se doter à un dispositif fiable de décompte du temps de travail et actuellement », explique Cédric Cardoso, président du Syndicat Représentatif Parisien des Internes en Médecine Générale (SRP-IMG).

« La charge de travail trop importante affecte énormément la santé mentale des internes », poursuit Cédric Cardoso (SRP-IMG) qui explique que l’intersyndicale recherche davantage un respect des plafonds horaires que paiement des heures supplémentaires. Le communiqué de l’intersyndicale insiste sur le stress important auquel sont exposés les internes qui pour deux tiers d’entre eux souffriraient d’anxiété.  

Une revalorisation salariale de 300 euros bruts par mois espérée

Au-delà des conditions de travail, les internes réclament également une revalorisation salariale pour lutter contre la précarité financière. « On demande une revalorisation salariale puisque si on ramène 58 heures par semaine à notre rémunération, ça nous fait un taux horaire d’environ 6 euros brut de l’heure », estime Cédric Cardoso. Il demande une revalorisation de 300 euros brut par mois, à laquelle s’ajoute une indemnité logement indexée sur le prix des loyers. Cette dernière mesure vise plus spécifiquement l’Île-de-France où le parc immobilier est tendu et les loyers élevés. Par ailleurs, les solutions de logement en internat ne sont pas similaires selon les régions et sont quasiment inexistantes à Paris.

Un problème structurel ?

À travers son communiqué, l’intersyndicale rappelle que ces mesures sont indispensables pour garantir l’attractivité du métier. Alors que l’hôpital public est déjà exposé à des difficultés de recrutement, ne pas prendre en compte les revendications de l’intersyndicale revient à prendre « un risque important pour le futur de l’hôpital public », affirme Cédric Cardoso. « De plus en plus d’internes se détournent de l’hôpital public alors qu’il y a 20 ans c’était la voie royale », rappelle Cédric Cardoso. En 2019, les internes représentaient plus de 30 % du personnel médical dans les hôpitaux.

Néanmoins, le soutien reste assez faible au sein de la profession car si « globalement on reçoit des soutiens, ça ne veut pas dire que les praticiens seniors nous soutiennent », précise Cédric Cardoso avant d’expliquer « qu’il y a quelque chose dans les mœurs qui veut que les internes subissent l’organisation ».

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Les internes en médecine en grève pour protester contre leurs conditions de travail
5min

Société

Fin de vie : après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat adopte un texte pour garantir un égal accès aux soins palliatifs 

Après les tensions de la semaine dernière lors de l’examen du texte sur l’aide à la fin de vie, les débats se sont poursuivis dans le calme, au Sénat, sur la proposition de loi plus consensuelle visant à permettre un égal accès aux soins palliatifs sur tout le territoire. Les sénateurs ont néanmoins alerté sur les moyens financiers nécessaires à cette réforme.

Le

Les internes en médecine en grève pour protester contre leurs conditions de travail
4min

Société

Droit à l’aide à mourir : « La véritable fraternité passe par l'accompagnement plutôt que par un geste létal », soutient l’évêque de Nanterre

Mercredi, au terme de débats tumultueux, les sénateurs ont rejeté le principal article de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Après le vote solennel le 28 janvier, le texte retournera à l’Assemblée nationale, plus favorable à un tel dispositif. L’Eglise catholique, elle, fait part de longue date de son opposition à cette évolution. « Nous ne pensons pas que le geste létal soit légitime », explique ce jeudi sur Public Sénat Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre.

Le

Les internes en médecine en grève pour protester contre leurs conditions de travail
3min

Société

Accord Mercosur : « Appliquer provisoirement cet accord heurterait la décision du Parlement européen » alerte Annie Genevard, ministre de l’Agriculture

Après le vote du Parlement européen en faveur de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne sur l’accord Mercosur, le sujet s’est invité au Sénat lors des questions au gouvernement. En réaction, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a appelé au respect du vote européen et à la construction d’accords commerciaux plus protecteurs des filières agricoles.

Le