« Les petites victoires » au quotidien de Fanny Lacroix, maire de Châtel-en-Trièves
Agressions, menaces, sollicitations absurdes… Ces derniers temps, les maires de France n’ont pas été épargnés. Malgré tout, cela n’a pas découragé Fanny Lacroix, 38 ans, qui s’est présentée en 2020 à la tête de sa commune dans l’Isère, Châtel-en-Trièves.
Après une enfance à Annemasse et des études à Lyon ainsi qu’à Paris, en 2014, Fanny Lacroix s’installe dans le petit village de Châtel-en-Trièves. “Ce qui m’a poussée à me présenter aux municipales, c’est cette rencontre avec le village. Lorsque je vivais en milieu urbain, j’avais l’impression de ne pas pouvoir agir sur le monde autour de moi. Ici c’est différent”. Après quelques années en tant que secrétaire de mairie, Fanny Lacroix est définitivement adoptée par les élus et les habitants. En 2020, elle se présente à la tête de sa commune et remporte les élections.
Les petites victoires de Fanny Lacroix
L’histoire de Fanny Lacroix a récemment inspiré le film Les petites victoires réalisé par Magali Auffret qui relate le quotidien bien chargé d’une jeune maire de commune rurale. Et au regard de tous les projets qu’elle a mené pour Châtel-en-Trièves, Fanny Lacroix peut effectivement parler de victoires ! Création d’un café/épicerie associatif, d’une carrière équestre, de jardins partagés, d’un salon de coiffure, revitalisation du centre du bourg, sauvegarde de la classe unique de l’école… La jeune maire a mené tous ces combats avec passion.
La politique à hauteur communale
Faire de la politique à l’échelle communale ? C’est possible ! Et selon Fanny Lacroix, c’est même ce qu’il y a de plus intéressant. “Je me suis tout de suite passionnée pour la quantité de choses que l’on peut faire à cette toute petite échelle. Dans une commune, les gens sont dans un cercle d’interconnaissances si puissant, qu’ensemble, ils peuvent déplacer des montagnes”. Ainsi, à Châtel-en-Trièves, chacun se rend utile au sein des projets collectifs en fonction de ses compétences. “J’ai l’impression d’avoir trouvé la solution pour faire société à cette petite échelle” se réjouit Fanny Lacroix.
« C’est compliqué de tout concilier »
Malgré le bonheur que lui apporte sa fonction de maire, Fanny Lacroix reconnaît qu’elle implique également des sacrifices. “Concilier sa fonction d’élu avec une vie familiale et professionnelle, c’est extrêmement difficile”. Cela est encore davantage le cas pour les maires des communes de moins de 500 habitants car leurs indemnités ne leur permettent pas de pouvoir vivre de leur statut. “Nous sommes obligés de poursuivre notre engagement professionnel. Et nous sommes, la plupart du temps, impliqués dans l’intercommunalité. D’autres mandats s’ajoutent ainsi à notre statut de maire et c’est compliqué de tout concilier”.
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