Logement : Johanna Rolland dénonce une « attaque sans précédent contre le pacte républicain » avec la modification de la loi SRU

Invitée de la matinale de Public Sénat Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de France Urbaine a particulièrement critiqué l’action du gouvernement en matière de logement et s’indigne de la modification de la loi SRU et du recul du logement social.
Henri Clavier

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 « Quand j’ai entendu le Premier ministre annoncer le détricotage de la loi SRU j’étais stupéfaite », rapporte la présidente de France Urbaine, une association rassemblant les élus des plus grandes métropoles de France. À l’occasion de son discours de politique générale, le Premier ministre, Gabriel Attal, dévoilait une modification de la loi SRU qui impose actuellement un pourcentage minimum de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants. La part de logements sociaux doit se situer, au minimum, entre 20 et 25 % du parc immobilier. La modification de la loi doit permettre d’inclure les logements intermédiaires dans le calcul, une ligne rouge pour la maire de Nantes, Johanna Rolland, qui dénonce une « attaque sans précédent contre le pacte républicain ». 

L’élargissement de la loi SRU au logement intermédiaire, « une prime à ceux qui préfèrent payer les amendes de l’entre-soi social »

 « 3 % des demandeurs de logement social sont éligibles aux logements intermédiaires », avance Johanna Rolland qui dénonce une mesure antisociale. La présidente de France Urbaine souligne que, dans le cadre du logement intermédiaire, « ce n’est pas de classe moyenne dont on parle, mais de classe aisée ». Alors que 65 % de la population française est éligible au logement social, le logement intermédiaire propose des loyers supérieurs, mais qui restent inférieurs aux prix du marché. Adoptée en 2000, la loi SRU est critiquée de longue date par la droite et de nombreux maires qui préfèrent payer une amende plutôt que de l’appliquer. En 2020, sur les quelque 2 000 communes soumises à la loi SRU, un peu plus de la moitié n’en respectait pas les obligations. « C’est une prime à ceux qui préfèrent payer les amendes de l’entre-soi social », fustige Johanna Rolland qui rappelle que « 2.6 millions de personnes sont en attente d’un logement social ». Pour la maire de Nantes, la modification de la loi SRU risque de fragiliser le logement social, un secteur déjà en crise. « Je ne sais pas si c’est de la déconnexion ou du mépris », s’agace Johanna Rolland.

 « On veut nous faire croire que c’est une mesure pragmatique d’efficacité, ce n’est pas vrai, c’est idéologique »

Plus globalement, la présidente de France Urbaine déplore l’absence de ligne du gouvernement sur le logement. « On veut nous faire croire que c’est une mesure pragmatique d’efficacité, ce n’est pas vrai, c’est idéologique », affirme Johanna Rolland qui assure que « le gouvernement doit revenir sur cette annonce ». Un manque de cap qui se ressent, selon la maire de Nantes, au travers de la nomination de Guillaume Kasbarian à la tête du ministère du logement alors que ce dernier s’était positionné en faveur de la création d’une peine de prison contre les locataires ayant des impayées et continuant d’occuper leur logement. Un message inquiétant selon Johanna Rolland qui fait le lien avec l’hébergement d’urgence. « Ceux qui sont dans l’hébergement d’urgence ne peuvent plus en sortir pour accéder au logement social », s’inquiète Johanna Rolland qui rappelle qu’il y a « 3 000 enfants qui dorment dans la rue ».

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