Loi Narcotrafic : « On a travaillé sur le volet répressif de manière transpartisane, il faut maintenant un volet prévention », estime Jérôme Durain (PS)

En partance pour la présidence de la région Bourgogne Franche-Comté, le sénateur socialiste Jérôme Durain est revenu sur ses onze années passées au Sénat. Le rapporteur de la loi Narcotrafic appelle à ne pas oublier le volet de prévention qui doit venir compléter ce travail.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« C’est la dernière loi structurante qui a été votée dans notre pays », estime Jérôme Durain. Depuis, le morcellement de l’Assemblée nationale a conduit les gouvernements successifs à procéder par des textes plus ponctuels, souvent à l’initiative de la majorité sénatoriale (voire notre article). Le sénateur socialiste et rapporteur de ce texte estime qu’à l’heure où Sébastien Lecornu promet – comme ses prédécesseurs – « une nouvelle méthode », l’adoption de la loi narcotrafic peut dessiner un début de chemin : « Cela montre que le contrôle parlementaire est important parce que nous sommes partis d’une commission d’enquête. C’est un travail transpartisan voté à l’unanimité, et c’est un travail conjoint avec l’exécutif. C’est quand même un modèle de ce que l’on peut faire dans cette période. Évidemment, c’est un phénomène qui continue dans tous nos territoires et un sujet qui reste préoccupant, mais en termes de méthode c’est intéressant. »

« Il y a de la consommation parce que la société est malade »

Sur le fond, le sénateur estime qu’il reste beaucoup à faire : « On a des phénomènes criminels de plus en plus violents, la submersion par le produit, des jeunes qui entrent de plus en plus tôt dans les actes criminels. C’est aussi une menace qui pèse sur les institutions, avec la dimension corruptive quand il y a autant d’argent en jeu. »

Pour autant, si des mesures ont été prises sur le volet répressif, Jérôme Durain appelle les parlementaires à faire preuve du même esprit de compromis sur un volet de prévention : « On a travaillé sur la jambe répressive de manière transpartisane et il faut être inflexible avec les réseaux criminels. Mais maintenant, il faut une loi de prévention, de soins, et d’accompagnement. Il y a de la consommation parce qu’il y a de l’offre évidemment, mais aussi parce que la société est malade. » Le sénateur socialiste espère ainsi que la gauche contribue à « porter cette vision équilibrée de la sécurité. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le

Loi Narcotrafic : « On a travaillé sur le volet répressif de manière transpartisane, il faut maintenant un volet prévention », estime Jérôme Durain (PS)
9min

Société

Affaire Lyhanna : la commission d’enquête du Sénat se penche sur les défaillances de la procédure qui visait déjà Jérôme Barella

Les auteurs du pré-rapport d’inspection commandé après la mort de Lyhanna ont été auditionnés ce mercredi 8 juillet par la commission d’enquête du Sénat sur la mise en œuvre des politiques pénales. Ils sont revenus en détail sur les défaillances autour du traitement de la plainte pour viol qui visait déjà Jérôme Barella, le meurtrier présumé de la collégienne. Malgré cette procédure, ce dernier ne faisait l’objet d’aucune mesure d’instruction particulière.

Le