Russia: Newborns dressed in Christmas costumes in Moscow Region
Bébé dans une maternité/TASS/Sipa USA/43475249/AK/2212201451

Natalité en baisse : la population progresse uniquement grâce aux migrations

Pour la première fois depuis plus d’un siècle hors période de guerre, la France métropolitaine enregistre davantage de décès que de naissances. En 2024, la croissance démographique du pays repose presque exclusivement sur les migrations, confirmant un tournant historique aux conséquences économiques et sociales.
Emma Bador-Fritche

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Une croissance naturelle au point mort. Selon l’Ined, la croissance de la population française repose désormais presque exclusivement sur les migrations. La croissance démographique, qui correspond à la somme du solde naturel (naissances moins décès) et du solde migratoire, s’est fortement affaiblie en 2024.

Cette année-là, la croissance naturelle n’a été que très légèrement positive à l’échelle nationale, avec 663 000 naissances pour 646 000 décès. Ce faible excédent est uniquement dû aux départements d’Outre-mer. Dans l’Hexagone, la situation est inédite, pour la première fois depuis plus d’un siècle hors périodes de guerre, le nombre de décès (630 000) a dépassé celui des naissances (629 000), entraînant une croissance naturelle nulle.

Les migrations, nouveau moteur démographique

Dans ce contexte, les migrations deviennent le principal levier de croissance de la population. En 2024, le solde migratoire est estimé à 152 000 personnes, un chiffre encore provisoire en raison de données manquantes concernant les ressortissants de l’Union européenne et les étrangers en situation irrégulière.

Plus de la moitié des nouveaux arrivants s’installent dans des zones urbaines densément peuplées, accentuant les déséquilibres territoriaux déjà existants.

Pourquoi les Français font moins d’enfants

Les raisons du recul des naissances sont multiples. Une consultation citoyenne menée auprès de 30 000 personnes dans le cadre d’une mission d’information de l’Assemblée nationale met en avant plusieurs freins : la crainte de difficultés financières, l’incertitude face à l’avenir, les difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle, ou encore l’absence de partenaire stable. Si le désir d’enfant demeure, de nombreux Français renoncent ou reportent leur projet familial.

À ces facteurs s’ajoute la montée des difficultés à concevoir. « Environ un couple sur huit rencontres des difficultés d’infertilité », rappelait la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist. Face à ce constat, le gouvernement a annoncé le lancement prochain d’un plan national de lutte contre l’infertilité, axé sur la prévention, l’information et une meilleure prise en charge médicale.

Selon une étude de l’Ined publiée en mars, la population française pourrait atteindre un pic d’environ 70 millions d’habitants dans les années 2040, avant d’entamer un déclin progressif. Ce recul durable de la natalité inquiète la classe politique, notamment en raison de ses implications sur le financement de la protection sociale. Il avait déjà conduit Emmanuel Macron à appeler à un « réarmement démographique » du pays.

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