CIIVISE public in meeting in Bordeaux
A 17-year-old minor supports another young woman moved by the testimonies during a public meeting of the Independent Commission on Incest and Sexual Violence against Children (Ciivise), in the Simone Veil amphitheater at the Ecole nationale de la magistrature, in Bordeaux on November 19, 2021.//AMEZUGO_CIIVISE-37/Credit:UGO AMEZ/SIPA/2311171302

Nouvelle équipe dirigeante à la Ciivise : la délégation sénatoriale aux droits des femmes salue « l’approche pluridisciplinaire »

La ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles, Sarah El Haïry a présenté le nouveau quatuor de personnalités nommées à la tête de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Lancée en 2021, la commission avait recueilli près de 30 000 témoignages et émis 82 recommandations avant d’être rattrapées par des polémiques.
Simon Barbarit

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Avec cette « gouvernance renouvelée », « l’heure est à la remise au travail, pour la protection de nos enfants », promet dans un communiqué, la ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles, Sarah El Haïry en présentant le nouveau « collège » de direction de la Ciivise. Il sera composé de Maryse Le Men Régnier, ex-magistrate et présidente de la Fédération France Victimes, Thierry Baubet, chef du service de psychopathologie de l’enfant à l’hôpital Avicenne à Bobigny, Solène Podevin, présidente de Face à l’inceste, et Bruno Questel, ancien député victime d’un viol étant enfant.

« Construire une chaîne de protection solide de tous les enfants par tous les adultes »

Lancée en mars 2021, dans le sillage de la publication du livre de Camille Kouchner, « La Familia grande », la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, avait pu récolter près de 30 000 témoignages et formuler 82 recommandations.

Présidée par le médiatique juge Edouard Durand, la Ciivise avait comme objectif premier, celui fixé par le chef de l’Etat, dire aux victimes « on vous croit et vous ne serez plus jamais seuls ». Mais à la fin de l’année 2023, l’exécutif avait dessiné une nouvelle feuille de route pour la Ciivise. « La Ciivise a beaucoup travaillé sur l’inceste, il nous faut travailler aujourd’hui à d’autres formes de violences sexuelles : la pédocriminalité en ligne, la prostitution des mineurs… », avait indiqué en novembre dernier Charlotte Caubel, à l’époque secrétaire d’État à l’Enfance.

« Au-delà de l’accueil de la parole des victimes qui sera poursuivi et amplifié », les « deux missions » de la nouvelle Ciivise ont été fixées par Sarah El Haïry. « D’abord, faire de tous les lieux de vie des enfants des lieux sûrs. Ensuite, construire une chaîne de protection solide de tous les enfants par tous les adultes ». Le quatuor dirigeant aura aussi la charge du suivi des préconisations déjà émises (lire notre article).

L’inceste doit « être abordé de manière distincte des autres violences sexuelles »

Du côté du Sénat où la délégation aux droits des femmes avait appelé au maintien de la Ciivise et de son président, Edouard Durand, la nouvelle composition est néanmoins jugée favorablement. « On va continuer de recueillir la parole des victimes d’inceste qui avaient depuis quelques mois le sentiment d’être abandonnées. L’inceste répond à des mécanismes particuliers. C’est un système ancré dans une famille qui doit être abordé de manière distincte des autres violences sexuelles. La présence de l’association Face à l’inceste dans l’équipe dirigeante est en cela un signe encourageant. De manière plus générale, l’approche pluridisciplinaire de la direction est intéressante », estime Dominique Vérien, la présidente de la délégation. La sénatrice n’est pas vraiment surprise par l’annonce de la ministre. « J’ai échangé avec Sarah El Haïry récemment et elle m’avait confirmé que la Ciivise allait être maintenue. J’avais compris aussi que ce serait sans le juge Durand. Mais je ne connais pas les raisons de la rupture de confiance entre le magistrat et l’exécutif ». Auditionné par la délégation aux droits des femmes, Edouard Durand avait émis le souhait de rester à la commission. Fin février, l’actrice Judith Godrèche avait exprimé son soutien au juge Durand à la délégation sénatoriale.

Il avait malgré tout été remplacé par un éphémère duo. Visée par une plainte pour agression sexuelle, Caroline Rey-Salmon, pédiatre et médecin légiste, s’était mise en retrait en février, quelques semaines après avoir été nommée vice-présidente. Dans la foulée, le nouveau président, Sébastien Boueilh, ancien rugbyman et fondateur de l’association Colosse aux pieds d’argile, avait lui aussi démissionné s’estimant « la cible de calomnies et d’attaques personnelles ».

 

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