Nucléaire : un « bilan globalement satisfaisant » avec des « bémols » pour l’ASN
Flamanville, Cigéo, prolongation du parc nucléaire… Devant l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques,  l’Autorité de sûreté nucléaire a présenté ce jeudi son rapport pour l’année 2017.

Nucléaire : un « bilan globalement satisfaisant » avec des « bémols » pour l’ASN

Flamanville, Cigéo, prolongation du parc nucléaire… Devant l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques,  l’Autorité de sûreté nucléaire a présenté ce jeudi son rapport pour l’année 2017.
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En matière de sûreté nucléaire, le bilan de l’année 2017  est « globalement satisfaisant » a indiqué Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN,  devant les députés et sénateurs membres de l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques réunis ce jeudi à la Haute assemblée. Toutefois, pour l’autorité indépendante, il existe des « bémols » à cet état plutôt satisfaisant du parc nucléaire français. « La centrale de Belleville-sur-Loire, par exemple, l’année dernière et encore maintenant, est en retrait. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous l’avons passée en surveillance renforcée ». Parmi  les centrales nucléaires placées en « bonne position », on retrouve celle de Chinon et de Fessenheim a indiqué Pierre-Franck Chevet.

Flamanville : des anomalies dues « à une perte d’expérience »

Le nouvel EPR de Flamanville qui depuis le début de sa construction en 2007 connaît des difficultés techniques a une nouvelle fois fait parler de lui ces derniers jours.  Lundi, EDF a admis avoir détecté des « écarts de qualité » sur 150 points de soudure. « D’ores et déjà nous estimons qu’il y a probablement d’autres circuits à revérifier ». « Pas assez de présence et pas assez de surveillance de la part d’EDF et d’AREVA (anciennement Orano ndlr) » a-t-il expliqué. Plus précisément, le président de l’ASN attribue ces anomalies « à une perte d’expérience ». « On n’a pas fait de chantiers  de cette ampleur et de cette complexité depuis très longtemps. Nécessairement, quand on refait les choses, on réapprend ».

Un parc nucléaire de 40 ans d’âge

ASN: parc nucléaire français, le plus gros du monde , arrive à 40 ans
02:50

Et justement, sur ce point, Pierre-Franck Chevet a mis en évidence la principale particularité du parc nucléaire français. « Outre le fait d’être l’un des plus gros au monde, voir le plus gros, il a été construit d’une manière extrêmement intense dans une période très courte, à la fin des années 70 début 80 (…) Du coup, tout ce parc industriel a le même âge. 40 ans pour faire simple ».  Si cela ne veut pas forcément dire « fin de vie de ces centrales », pour le président de l’ASN, « c’est un rendez-vous industriel respectable qui nécessite de réexaminer la sûreté des installations ». Selon la loi de transition énergétique, la prolongation de chaque  réacteur est soumise à l’autorisation de l’ASN après une enquête publique. « La prolongation, on la regarde en vue de l’amélioration de la sûreté du réacteur » a-t-il assuré.

Le dilemme Cigéo

Autre dossier brûlant, le projet Cigéo qui doit voir le jour à Bure dans la Meuse. Il doit accueillir 85 000 mètres cubes de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue enfouis à 500 mètres sous terre.

Ciégéo: pour l'ASN le stockage des déchets doit être réversible
03:11

Qu’est ce qu’une vie longue ?  « Ça se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’années ».Raison pour laquelle « la question est extraordinairement complexe » a reconnu Pierre-Franck Chevet. Parmi les solutions, le stockage en subsurface (immédiatement sous la surface du sol) semble, à première vue, la plus simple. « Parce qu’on a un béton et des colis en acier (où sont stockés les déchets) qui tiennent ». « Mais personne n’est capable d’apporter la garantie que les colis en acier et le béton tiennent pendant 100 000 ans » a observé le président de l’ASN. « D’où la solution du stockage géologique profond où la sûreté est assurée à très long terme par la géologie ».  Une solution qui a les faveurs de Pierre-Franck Chevet à la condition que « le stockage soit réversible » de manière à laisser une chance à la science de trouver une autre manière de traiter ces déchets dans les siècles à venir. Cet impératif de réversibilité est d’ailleurs contenu dans une loi de 2016.

Le président de l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques, Gérard Longuet  ainsi que son collègue Bruno Sido sont justement sénateurs LR de la Meuse, le département qui accueille le site de Cigéo. « Nous considérons que c’est une opportunité pour le développement local mais nous ne sommes pas pressés. On veut que les choses soient bien faites. Si on doit attendre on attendra pour que les choses soient incontestables » a-t-il affirmé.

 

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