Numérique : « S’il s’avère qu’Elon Musk utilise sa plateforme pour mettre en avant certaines opinions ou partis politiques, il est en infraction », affirme Clara Chappaz  

Invitée de la matinale de Public Sénat, la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, est revenue sur les enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle et sa régulation. La ministre évoque également le cas d’Elon Musk la conformité de sa plateforme, X, avec le droit européen.
Henri Clavier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Elon Musk, comme n’importe quel citoyen, est libre d’avoir ses opinions », assure Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique alors que de nombreuses personnalités politiques et médiatiques font le choix de quitter le réseau social X pour protester contre les ingérences politiques de l’homme le plus riche du monde. Néanmoins, la ministre l’assure, X comme toutes les plateformes, devra se mettre en conformité avec le règlement européen sur les services numériques. Ce règlement pose plusieurs obligations comme la lutte contre les contenus illicites ou la neutralité de l’algorithme. Des règles dont le réseau social d’Elon Musk semble parfois s’affranchir. 

Une enquête de la Commission européenne en cours sur le réseau social X 

« En Europe on a une réglementation parmi les plus ambitieuses sur les réseaux sociaux », se félicite Clara Chappaz qui rappelle qu’une enquête de la Commission européenne est en cours pour s’assurer que X respecte les règles posées par le règlement sur les services numériques.  « S’il s’avère qu’Elon Musk utilise sa plateforme pour mettre en avant certaines opinions ou certains partis politiques et qu’il utilise ses algorithmes pour le faire, il est en infraction », poursuit la ministre. La réduction drastique des effectifs chargés de la modération des contenus sur X depuis le rachat par Elon Musk pourrait être mise en lumière par la Commission européenne. Malgré cela, la ministre n’estime pas nécessaire de lancer un nouveau chantier législatif sur l’intelligence artificielle et le numérique. 

« La France est reconnue en intelligence artificielle, il y a des talents exceptionnels »  

« On a le cadre européen qui permet de s’assurer qu’on trouve le juste équilibre. Maintenant, dans ce cadre, il faut s’assurer qu’on favorise l’émergence d’entreprises moins matures », pointe Clara Chappaz. Dans un secteur en plein développement, les entrepreneurs français seront soumis à forte concurrence mondiale. Et notamment en provenance des Etats-Unis où Donald Trump a annoncé mardi 22 janvier un investissement pouvant aller jusqu’à 500 milliards de dollars de plusieurs entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle comme OpenAI ou Oracle. 

La ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique estime que le cadre législatif actuel permet une protection efficace contre les détournements de l’intelligence artificielle, notamment en matière de protection des données. Alors que la France accueillera un sommet international pour l’action sur l’intelligence artificielle les 10 et 11 février, Clara Chappaz estime que l’Etat doit favoriser le développement de l’intelligence artificielle. « Le rôle de l’Etat c’est d’accompagner les mutations. Il y aura des nouveaux métiers qui vont apparaître. Ce que l’on veut c’est accompagner », explique la ministre. 

Le sommet permettra d’associer « toutes les parties prenantes », entrepreneurs, décideurs politiques comme syndicats. Le sommet devrait également être l’occasion pour la France de mettre en valeur son savoir-faire en matière d’intelligence artificielle. « La France est reconnue en intelligence artificielle, il y a des talents exceptionnels. Ce qui est formidable c’est que ces talents sont partout en France », souligne Clara Chappaz qui insiste sur l’attractivité française dans ce domaine.  « Tous ces entrepreneurs ont choisi la France pour développer leur entreprise parce qu’on a les talents, l’infrastructure mais aussi une vision », se réjouit la ministre. 

Partager cet article

Dans la même thématique

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le

Numérique : « S’il s’avère qu’Elon Musk utilise sa plateforme pour mettre en avant certaines opinions ou partis politiques, il est en infraction », affirme Clara Chappaz  
9min

Société

Affaire Lyhanna : la commission d’enquête du Sénat se penche sur les défaillances de la procédure qui visait déjà Jérôme Barella

Les auteurs du pré-rapport d’inspection commandé après la mort de Lyhanna ont été auditionnés ce mercredi 8 juillet par la commission d’enquête du Sénat sur la mise en œuvre des politiques pénales. Ils sont revenus en détail sur les défaillances autour du traitement de la plainte pour viol qui visait déjà Jérôme Barella, le meurtrier présumé de la collégienne. Malgré cette procédure, ce dernier ne faisait l’objet d’aucune mesure d’instruction particulière.

Le