Obligation d’instruction dès 3 ans : une mesure juste pour les enfants, injuste pour les communes ?
Adopté en première lecture par le Sénat le projet de loi pour « une école de la confiance », proposé par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer continue d’être décrié par les syndicats enseignants. Mesure emblématique de cette réforme et a priori positive, l’abaissement de l’âge d’instruction obligatoire, de 6 ans à 3 ans, concentre les critiques. Rencontre avec Fabien Recker, journaliste et réalisateur qui s’est intéressé à cette mesure pour « Sénat en Action ».

Obligation d’instruction dès 3 ans : une mesure juste pour les enfants, injuste pour les communes ?

Adopté en première lecture par le Sénat le projet de loi pour « une école de la confiance », proposé par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer continue d’être décrié par les syndicats enseignants. Mesure emblématique de cette réforme et a priori positive, l’abaissement de l’âge d’instruction obligatoire, de 6 ans à 3 ans, concentre les critiques. Rencontre avec Fabien Recker, journaliste et réalisateur qui s’est intéressé à cette mesure pour « Sénat en Action ».
Public Sénat

Par Yanis Darras

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pourquoi avoir choisi de se concentrer sur l'abaissement de l’âge de l'obligation d’instruction, qui passera de 6 ans à 3 ans dès la rentrée 2019 ?

C'est une mesure d'égalité, mais perçue comme inégalitaire par les communes. Cette mesure, c'est avant tout un symbole pour Jean Michel Blanquer, le ministre de l'Education, puisqu’une grande majorité des enfants est déjà scolarisée dès 3 ans en France métropolitaine. Si des syndicats comme la Fcpe et des parents d’élèves, réclamaient une scolarisation précoce, il y a certaine appréhension de la part des communes, sur les conséquences financières de cette mesure phare du projet de loi pour « une école de la confiance ». Finalement, on a l’impression que cette mesure est juste pour les enfants, mais injuste pour les communes.

Pourquoi est-elle injuste ?

C’est ça qu’on a du mal à comprendre. On se demande pourquoi ça pose problème, pourquoi ça va coûter plus cher, si 98% des enfants voire 100% des enfants dans certains endroits, vont déjà à l’école maternelle dès 3 ans. L’exemple de Brest dans le reportage est frappant parce que, c’est une ville qui finançait déjà, un peu, les maternelles privées. Et la ville va devoir aligner ses subventions des maternelles privées, sur celles des maternelles publiques. Et tout ça sans scolariser d’enfant supplémentaire.
Et c’est d’autant plus injuste que l’Etat a annoncé vouloir compenser cette hausse des dépenses mais uniquement pour les communes qui ne donnaient rien aux maternelles privées jusqu’à présent. Parce qu’il s’agit d’une nouvelle dépense décidée par l’Etat et qu’en conséquence, elle sera compensée. Rien pour les autres.

photos_fabien_3.jpg


Comment le Sénat a-t-il essayé de corriger cette injustice ?

Il était impensable pour les sénateurs, que les communes qui financent déjà en partie les maternelles privées, ne reçoivent aucune aide de l'Etat. En France, environ deux-tiers des communes donnent déjà un petit quelque chose aux maternelles privées, souvent pour satisfaire leurs administrés. Le Sénat a donc décidé de voter un amendement, contre l'avis du ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, pour obliger le gouvernement à compenser le surcroît de dépense des communes qui participaient déjà au financement des maternelles, à l'instar de la ville de Brest.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration Police Municipale
5min

Société

Amendes sur une quinzaine d’infractions, drones, inspection de véhicules : le Sénat muscle les pouvoirs des polices municipales

Le Sénat a adopté le projet de loi sur l’extension des prérogatives des policiers municipaux et des gardes champêtres, un texte inspiré de travaux de la Haute assemblée. Sur accord du maire, les agents pourront dresser des amendes sur une série de délits, uniquement pris sur le fait, comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches. Ils pourront aussi précéder à des contrôles d’identité.

Le

Jeffrey Epstein
9min

Société

Ces personnalités françaises dont les noms sont cités dans les documents révélés sur l’affaire Epstein

E-mails, photos, vidéos… La publication de centaines de milliers de pages supplémentaires de documents liés à l’affaire Epstein affole les médias du monde entier. Les noms de plusieurs personnalités françaises sont citées dans ces dossiers, sans qu’elles soient pour autant explicitement mises en cause quant à un quelconque rôle dans les crimes commis par le prédateur sexuel. Mais ces révélations suscitent tout de même des interrogations sur les liens entretenus par certaines d’entre elles avec Jeffrey Epstein.

Le

Elon Musk Asks if US Should Liberate Britain, Asuncion, Paraguay – 06 Jan 2025
7min

Société

Perquisitions menées dans les bureaux de X : pourquoi le réseau social d’Elon Musk est dans le viseur de la justice française

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi 3 février avoir mené des perquisitions dans les bureaux français du réseau social X. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête visant à vérifier « la conformité de la plateforme X aux lois françaises ». Diffusion de deepfakes sexuels, manque de transparence publicitaire… La plateforme rachetée en 2022 par Elon Musk fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois.

Le

Paris: Emmanuel Gregoire conference presse hebergement d urgence
4min

Société

Le mal-logement : l’alerte relancée à la veille des élections municipales

L’année 2025 s’inscrit une nouvelle fois comme une année noire pour le logement. Tous les indicateurs du mal-logement se sont détériorés, dans un contexte de pauvreté accrue, d’inégalités persistantes et d’instabilité politique. Publié lundi 2 février, le 31ᵉ rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation Abbé Pierre, dresse un constat sévère et appelle à une mobilisation des élus locaux à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

Le