Patrick Bruel : « Les conditions sont-elles réunies pour qu’il se produise sur scène ? » interroge Aurore Bergé

Invitée de notre matinale, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes a estimé qu’il était de la responsabilité de Patrick Bruel de continuer à se produire ou non, alors que le chanteur est visé par de nombreuses accusations de violences sexuelles. « La décision lui revient, pas à une ministre », a-t-elle résumé.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Trois militantes du collectif Nous Toutes qui portaient un masque à l’effigie du chanteur ont perturbé le spectacle de Patrick Bruel au théâtre Edouard VII mercredi soir, alors que l’artiste est actuellement visé par quatre plaintes pour viols et une enquête judiciaire pour agression sexuelle en Belgique. « Je peux comprendre l’émoi qui est suscité. On parle d’une trentaine de femmes qui ont dénoncé des faits, dont certaines ont porté plainte. Il y a une procédure judiciaire qui devra établir les faits », a réagi la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.

Sur le fond, la ministre appelle à « tenir ensemble » le respect de la parole des victimes et la présomption d’innocence. « Ces dernières années nous avons appris à dire aux victimes que nous les croyons pour les inciter à porter plainte, et c’est une bonne chose. Je n’accepte pas l’idée de voir un déferlement de haine à l’égard des victimes. Pas une femme n’a dénoncé des violences sexuelles pour en tirer un gain personnel. Ce n’est pas simple de tenir cela avec la présomption d’innocence, mais c’est nécessaire », a-t-elle détaillé.

« La décision lui revient, pas à une ministre »

Le collectif féministe demande aux salles de spectacle de déprogrammer Patrick Bruel, qui doit démarrer une tournée le 16 juin, alors que plusieurs maires dont ceux de Paris et Marseille ont demandé le chanteur à renoncer à se produire dans leurs villes. « Qu’attendent les salles de spectacles ? En maintenant sa programmation, elles mettent en danger toutes les femmes qui côtoient de près ou de loin un agresseur présumé, dénoncé par des dizaines de femmes », a affirmé Nous Toutes dans un communiqué.

« C’est la responsabilité des organisateurs », répond Aurore Bergé. « Certains, comme en Suisse, ont reporté sa participation pour la décaler après la fin de la procédure judiciaire », note la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avant d’ajouter : « C’est aussi sa responsabilité à lui. » « Les conditions sont-elles réunies pour qu’il se produise sur scène ? » interroge Aurore Bergé en rappelant qu’au sein des femmes qui ont dénoncé le chanteur, beaucoup l’avaient côtoyé dans un cadre professionnel. « La décision lui revient, pas à une ministre », conclut-elle.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Photo illustration police nationale en service
5min

Société

Sécurité : accord des parlementaires sur le projet de loi Ripost

Députés et sénateurs se sont entendus ce lundi après-midi sur une version commune du projet de loi Ripost visant à réprimer plusieurs troubles à l’ordre public comme les rodéos urbains, l’organisation de rave parties et la consommation de protoxyde d’azote. L’essentiel du texte fait consensus entre les deux chambres du Parlement.

Le

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le