Alors que les révélations sur de multiples violences sexuelles ayant eu lieu dans le périscolaire à Paris se multiplient, la ministre de l’Egalité a admis qu’il y avait « de manière évidente » des « trous dans la raquette. » « Il faudra déterminer toutes les responsabilités. La justice est saisie, une commission d’enquête parlementaire va avoir lieu », ajoute Aurore Bergé en rappelant la gravité des faits : « On parle d’un système qui a permis à des animateurs de se recommander des lieux où des enfants étaient plus faciles à atteindre. Ce sont jusqu’à des viols que ces enfants ont subis. »
C’est la mairie de Paris qui avait la responsabilité de l’embauche de ces animateurs dans le périscolaire et dont la responsabilité est donc pointée du doigt. « Il y a eu un rapport interne de la mairie de Paris qui n’a pas eu de conséquences. Si des animateurs qui avaient commis des agressions sexuelles ont été déplacés d’un établissement à l’autre… il va falloir établir les responsabilités », commente pour le moment la ministre en renvoyant aux procédures judiciaires en cours.
« Il y a eu un rapport interne de la mairie de Paris qui n’a pas eu de conséquences »
En réaction, le gouvernement a annoncé un projet de loi sur la protection des enfants qui prévoit notamment la création d’une « liste noire » nationale pour empêcher tout recrutement de personnes condamnées ou « évincées » par d’autres institutions en raison de leur comportement envers des mineurs. « Il faut plus de fluidité entre les différentes administrations de l’Etat et les collectivités, pour que quelqu’un interdit dans le scolaire ne puisse pas revenir dans le périscolaire, avec une liste noire générale pour le garantir. »
Le texte prévoit aussi de renforcer le « contrôle d’honorabilité » des personnels des services publics, a détaillé le ministre de l’Education nationale, Édouard Geffray. Actuellement, ces vérifications sont réalisées au moment de l’entrée dans le métier. Le gouvernement prévoit de mettre en place des contrôles réguliers.
« Si aujourd’hui, je licencie un surveillant parce qu’il a un comportement inapproprié, sans attendre d’éventuelles poursuites pénales, s’il est candidat le lendemain matin dans une autre académie, je ne sais pas le repérer », a précisé Édouard Geffray sur France 2 mercredi soir. « Les maires sont ceux qui recrutent, en tout cas ceux qui en ont la responsabilité. Or ils n’ont pas la possibilité de savoir si ceux qu’ils recrutent ont un passif d’agresseurs sexuels », abonde Aurore Bergé.