Mécontent de la capacité de contrôle du parlement sur le gouvernement en période de confinement, le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias s’inquiète des conséquences sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Pierre Ouzoulias : « La pandémie accroît les distanciations sociales dans l’enseignement supérieur »
Mécontent de la capacité de contrôle du parlement sur le gouvernement en période de confinement, le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias s’inquiète des conséquences sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Par Alizé Boissin
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Voilà quinze jours qu’il n’a pas mis les pieds au Sénat. Pierre Ouzoulias, sénateur communiste, est confiné dans son appartement à Bourg-la-Reine (92) en famille. Pourtant, son travail de sénateur est beaucoup plus dense que d’habitude : « Je commence à 7h et je ne m’arrête plus ».
Et si l’élu est autant connecté, « tout en évitant les réseaux sociaux », c’est parce qu’il tient à rester très vigilant sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Son premier mécontentement ? Le calendrier inchangé de la plateforme numérique Parcoursup dont l’objectif est d’orienter les élèves vers l’enseignement supérieur. Les premières réponses doivent être transmises aux candidats à partir du 19 mai. « C’est aberrant d’entendre un discours martial du Président de la République et de demander un maintien de ce calendrier. Si nous sommes en guerre, on ne maintient pas Parcoursup » plaide le sénateur.
Pierre Ouzoulias évoque l’incapacité pour certains étudiants de se concentrer sur l’avenir à cause du stress provoqué par la situation sanitaire actuelle, mais aussi les difficultés de maintenir « une continuité pédagogique à distance ». Et notamment pour les lycéens en filières professionnelles ou techniques. Ces élèves accèdent « moins facilement aux études supérieures, et les plateformes numériques pour les cours à distance ne sont pas idéales pour leur cursus, ils seront pénalisés à la rentrée » s’inquiète-t-il. Lui, plaide pour des « programmes allégés » et une rentrée où le mois de septembre servirait à « une remise à niveau pour tous ».
Inégalités et précarité
Autre point d’inquiétude : la bonne tenue des commissions d’examen en charge d’émettre les réponses d’admission des étudiants. Pour rappel, l’opacité autour des « algorithmes locaux » est un sujet qui intéresse particulièrement le Sénat. L’année dernière une proposition de loi avait été déposée pour imposer aux établissements de l’enseignement supérieur de révéler les critères d’aide à la décision.
Pour le sénateur communiste, « les manières de travailler des commissions d’examen sont opaques et je vois mal comment elles pourront se tenir avec le confinement ». Hasard du calendrier, dans une décision rendue le 3 avril, suite à une QPC déposée par l’Unef, le Conseil constitutionnel a validé le secret individuel des décisions des universités et écoles dans le cadre de Parcoursup. Toutefois les Sages demandent de publier les critères d’examen des candidatures. Une décision qui intervient « trop tardivement » selon le sénateur.
L’élu des Hauts-de-Seine craint que la crise actuelle renforce davantage les inégalités et précarise les étudiants « qui vivent de petits jobs ». Il s’inquiète aussi pour les enseignants chercheurs : « Leurs salaires ont été arrêtés » dit-il.
Des problèmes qui ne trouvent pas de solutions du côté du gouvernement d’après Pierre Ouzoulias. Il est extrêmement déçu du budget annoncé par la ministre lors de son audition lundi dernier : 400 millions d’euros. « On nous annonce que c’est historique, mais c’est une augmentation de seulement 1,5% ! C’est loin d’être suffisant ».
Le sénateur Pierre Ouzoulias, pendant l'auditon de Frédérique Vidal
Jacques Grosperrin
Contrôle
Des auditions, qu’il continue de suivre depuis chez lui, en visioconférence. Une méthode loin d’être idéale selon lui pour contrôler l’action du gouvernement. Suite à l’audition de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, il conclut : « La ministre a considéré que le cadre d’une visio-conférence l’autorisait à répondre à la représentation nationale avec encore plus de légèreté que d’habitude … Il n’y a plus de contrôle de l’exécutif par le Parlement, mais une simple information du gouvernement ».
Il tient d’ailleurs à le rappeler : lui a voté contre le projet de loi d’urgence sanitaire qui « donnait les pleins pouvoirs au gouvernement » pour gérer la crise sanitaire.
Pierre Ouzoulias espère bien un rapide retour à la normale, pour contrôler l’action du gouvernement : « Quand ils sont en présence physique, on peut mieux les cuisiner. En visioconférence, notre rôle ne tiendra pas ».
Alors que la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova, ancienne patronne de RT France, est devenue incontournable sur les chaînes du groupe Bolloré, les conditions d’octroi de sa carte de résident en 2024 interrogent. Face aux soupçons de passe-droit, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, réfute toute ingérence politique et invoque une procédure administrative classique.
L’Europe fait face à une chute de la natalité ces dernières années qui aura des conséquences sur son économie et son modèle social. Pour résoudre cette crise démographique, faut-il développer la politique familiale ou accélérer l’immigration ? C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat.
Invitée de notre matinale, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes a estimé qu’il était de la responsabilité de Patrick Bruel de continuer à se produire ou non, alors que le chanteur est visé par de nombreuses accusations de violences sexuelles. « La décision lui revient, pas à une ministre », a-t-elle résumé.
Invitée de notre matinale, la ministre de l’Egalité est revenue sur les annonces du gouvernement pour protéger les enfants des violences qu’ils subissent dans le périscolaire, avec notamment la mise en place d’une « liste noire » pour empêcher le recrutement d’agresseurs et le renforcement des « contrôles d’honorabilité. »