Policière attaquée au couteau : « Toutes les semaines, c’est l’autorité de l’État qui est agressée », déclare Jacqueline Eustache-Brinio
Après l’agression d’une policière par un individu fiché pour radicalisation, les sénateurs ont affiché leur soutien aux forces de l’ordre, demandant au gouvernement d’agir pour leur protection.

Policière attaquée au couteau : « Toutes les semaines, c’est l’autorité de l’État qui est agressée », déclare Jacqueline Eustache-Brinio

Après l’agression d’une policière par un individu fiché pour radicalisation, les sénateurs ont affiché leur soutien aux forces de l’ordre, demandant au gouvernement d’agir pour leur protection.
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Par Jules Fresard

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Vendredi matin, un homme de nationalité française, ancien détenu atteint de schizophrénie sévère et fiché pour radicalisation, a agressé une policière municipale à La-Chapelle-sur-Erdre, une localité située au nord de Nantes. Vers 9 h 45, l’individu, condamné en 2015 à huit ans d’emprisonnement pour vol aggravé avec séquestration puis libéré en mars dernier, a attaqué au couteau la policière, la blessant notamment aux jambes avant de s’emparer de son arme de service et de prendre la fuite. Hospitalisée, les jours de la policière ne sont plus en danger.

Deux heures plus tard, alors que les écoles municipales s’étaient retranchées, le suspect a été interpellé par les forces de l’ordre. 250 gendarmes ont été mobilisés pour arrêter l’individu. L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, a échangé des coups de feu, blessant légèrement deux gendarmes, avec l’arme de service dérobée sur la policière dans la matinée. Touché par balles, il est décédé peu après l’arrivée des secours.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est rendu sur place déclarant que « la policière municipale a été courageuse et a su se protéger avec les moyens qu’elle avait. Malgré ses blessures importantes elle va survivre, et c’est une très bonne chose ».

Cette nouvelle agression intervient un mois après le meurtre de Stéphanie Monfermé par un terroriste islamiste, secrétaire administrative du commissariat de Rambouillet, dans un contexte où les syndicats de police dénoncent leurs conditions de travail, et accusent la justice d’être trop laxiste.

Une situation qui fait dire à Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice LR du Val-d’Oise, que « toutes les semaines, c’est l’autorité de l’État qui est agressée. Je suis très en colère et inquiète du climat dans lequel nous vivons, avec des gens qui remettent en cause ce que nous sommes. Avec un policier blessé ou tué toutes les semaines, ce n’est plus possible ». Avant de continuer « Ces gens commettent ces actes au nom de leur religion, il va falloir dire les choses avec réalisme et courage. On continue à ne pas lutter contre une immigration que l’on ne maîtrise plus ».

Rachid Temal, sénateur socialiste, lui aussi du Val-d’Oise, se dit « choqué », et apporte « son total soutien à la policière blessée, et aux forces de police ». Il demande de son côté une augmentation des sommes allouées à la police, afin « qu’ils aient les moyens d’exercer leurs fonctions », en alarmant sur ce qu’il appelle être une « forme de paupérisation de la police ».

Les messages de sénateurs en réaction au drame se sont également affichés sur Twitter. Gérard Larcher, président LR du Sénat, a dénoncé les malheureuses similitudes entre l’agression de ce matin et le meurtre de Stéphanie de Monfermé. « Encore une policière municipale sauvagement agressée par un assaillant radicalisé et des gendarmes blessés lors de son arrestation ». Un constat partagé par le sénateur LR Henri Leroy, qui déclare « chaque jour, c’est la République qui est attaquée ! ».

Sénatrice LR de Loire-Atlantique et conseillère municipale à Nantes Laurence Garnier est allée à la rencontre des forces de l’ordre de La-Chappelle-sur-Erdre, déclarant « ils ont besoin que nous agissions ! ».

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a demandé de son côté « un sursaut national pour protéger ceux qui nous protègent ».

Le groupe centriste au Sénat a de son côté relayé une déclaration de leur président Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine, demandant au gouvernement « Pas de texte de circonstance mais des moyens renforcés pour la police et la justice ! ».

À gauche de l’échiquier politique, Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste, a lui apporté son soutien et dénoncé un « acte ignoble ».

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