Politique de la ville : Macron part en banlieue
Le président de la République se déplace en banlieue parisienne puis dans les Hauts-de-France, un mois après l’alerte lancée par des maires et des associations sur le manque de moyens alloués à la politique de la ville.

Politique de la ville : Macron part en banlieue

Le président de la République se déplace en banlieue parisienne puis dans les Hauts-de-France, un mois après l’alerte lancée par des maires et des associations sur le manque de moyens alloués à la politique de la ville.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron est attendu au tournant. Après une matinée dédiée aux commémorations des attentats du 13-Novembre, le chef d’Etat s’attaque à un dossier complexe : la politique de la ville. La sienne est largement contestée sur le terrain, notamment dans les banlieues, un territoire mal connu du président de la République. Mi-octobre, « l’appel de Grigny » réunissait des maires de communes défavorisées et des associations de terrain pour protester contre le gel des emplois aidés, la suppression de 46,5 millions d’euros alloués à la politique de la ville ou encore la baisse des APL. Le tout accentué par la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, dont le détail de la compensation par l’Etat n’est toujours pas précisé par l’exécutif…

C’est donc par un déjeuner à l’Elysée, ce lundi, que le président de la République tentera, dans un premier temps, de rassurer ses interlocuteurs. Selon le Parisien, le maire de Sarcelles, François Pupponi, et l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo font partie des invités. Dès lors, Emmanuel Macron consacrera deux jours sur ce sujet, en commençant par un déplacement  à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en compagnie de Jacques Mezard, ministre de la Cohésion des territoires et de Julien Denormandie, son secrétaire d'Etat. La ville de Seine-Saint-Denis, où deux jeunes trouvèrent la mort dans un transformateur EDF en 2005, attend encore sa rénovation urbaine et surtout une réelle avancée du chantier d’extension du métro dans cette zone enclavée du département le plus pauvre de la métropole. De la même façon, la conférence du Grand Paris, censé redynamiser la banlieue, n’en finit plus d’être reportée et devrait se tenir d’ici la fin de l’année, avec de profondes modifications à prévoir, par rapport au projet initial.

Après la banlieue parisienne, Emmanuel Macron partira ensuite dans les Hauts-de-France pour un dîner, ce lundi soir, sur la thématique des "discriminations" avec des élus de la région, dont ceux de la marie de Lille, plutôt remontés contre le président de la République. Le lendemain, il sera à Tourcoing, aux côté de l’ancien maire de la ville et actuel ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. Au quartier Bourgogne (88% de logements sociaux), le chef d’Etat sera, là aussi, confronté  au chômage important chez les jeunes et aux problèmes de sécurité qui minent les quartiers populaires.

Faut-il attendre de nouvelles promesses lors de ces deux jours ? Emmanuel Macron a donné l’habitude d’un discours franc et rarement dépensier. Pourtant les attentes sont fortes et les élus se souviennent que c’est à Bobigny que le chef d’Etat avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Un symbole fort qui mérite confirmation.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée
7min

Société

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée

Le rapporteur du projet de loi de lutte contre les fraudes, Olivier Henno, et sa collègue Nathalie Goulet, spécialiste de ces sujets, espèrent qu’un arsenal suffisamment « musclé » sortira des débats à l’Assemblée nationale. En commission, certaines dispositions votées par le Sénat en novembre ont été retirées.

Le

Paris : Illustration au Salon de l Agriculture
8min

Société

Salon de l’agriculture : un événement sans vache cette année… mais pas sans politique

C’est un Salon de l’agriculture un peu spécial, car pour la première fois sans vache, qui s’ouvre ce samedi. L’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, bien que maintenant terminée, a eu raison de la présence des bovins. Mais les politiques, eux, sont toujours autorisés à déambuler, malgré une épidémie de tensions ces derniers mois, sur fond de crise agricole.

Le

Politique de la ville : Macron part en banlieue
4min

Société

Augmentation des prix : « Les marges de la grande distribution n’ont pas bougé » se défend Michel-Édouard Leclerc

Le président du groupe Leclerc a réfuté les mises en cause qui pèsent sur la grande distribution, accusée de « chantage mortifère » par la ministre Annie Genevard, dans le cadre des négociations avec les agriculteurs. Michel-Édouard Leclerc pointe la responsabilité de « l’amont » de la filière - les grands industriels de l’agroalimentaire.

Le