Pollution : La qualité de l’eau se dégrade encore en France

Pollution : La qualité de l’eau se dégrade encore en France

Une étude de l’UFC-Que choisir dénonce une dégradation de la qualité de l’eau en France et pointe du doigt l’agriculture intensive.
Public Sénat

Par saveria rojek

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Nos écosystèmes sont de plus en plus contaminés par des pesticides d’origine agricole. C’est le constat sans appel que dresse l’association de consommateurs dans une nouvelle étude. Les substances chimiques sont désormais présentes dans la moitié des rivières françaises et dans un tiers des nappes phréatiques.

Et cette présence est relevée de façon importante et non anecdotique : sur 53 % des points de mesure de la qualité des eaux de surface, la norme de qualité nécessaire pour l’eau potable (0,1 microgramme/litre) est dépassée. Même constat pour 31 % des nappes souterraines, des endroits qui comme leur nom l’indique demandent pourtant bien plus de temps avant d’être touchées.

Les substances chimiques sont désormais présentes dans la moitié des rivières françaises et dans un tiers des nappes phréatiques.

Pour Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, la situation est grave : « Malgré les promesses, rien ne bouge dans la politique agricole qui est privilégiée par les pouvoirs publics, au contraire. La qualité de l’eau se dégrade et, si le public ne s’en rend pas vraiment compte, c’est que celle qui lui est servie au robinet reste acceptable, mais au prix de coûts toujours plus importants. »

Même constat pour les nitrates, qui résultent des épandages d’engrais azotés. Sur 15 % du territoire, leurs taux dépassent 25 mg/l, c’est-à-dire le niveau au-delà duquel il devient difficile de rendre l’eau potable. Le pire se cache cependant dans les sous-sols : la valeur guide européenne y est dépassée dans 43 % du territoire !

Pour le sénateur écologiste Ronan Dantec (rattaché RDSE), « on voit les limites de l’utilisation massive des pesticides. Toutes les études disent qu’il y a un point de rupture. L’eau est un des grands témoins de cela. Et le glyphosate et les neonicotinoides sont les éléments centraux de cette agriculture chimique que nous dénonçons. Aujourd’hui, le monde agricole doit faire des propositions. On ne peut plus faire l’économie d’une évolution du modèle agricole car le coût pour la société est trop important. »

Les pouvoirs publics se sont engagés à diminuer de moitié l’usage des pesticides dans le pays d’ici à 2018 dans un premier temps, puis d’ici à 2025 dans la deuxième version du plan Ecophyto. Or, souligne l’UFC Que choisir, en moyenne triennale, l’utilisation des pesticides a encore progressé de 18 % en cinq ans.

Pour Franck Menonville, sénateur RDSE et agriculteur, « depuis de nombreuses années, les agriculteurs optimisent leurs pratiques agricoles, notamment en pilotant mieux la fertilisation. Je suis élu à la chambre d’agriculture et chez nous les résultats sont en amélioration en termes de nitrates et de pesticides. Mais il ne faut pas nier qu’il y a encore des efforts à conduire. La profession agricole a acté de réduire de 25% l’utilisation de produits phytosanitaires. » Et Franck Menonville de conclure : « Nous sommes un des premiers producteurs de l’Union Européenne et nous ne sommes que le 9eme en matière de consommation de produits phytosanitaires ».

En attendant, l’UFC-Que Choisir se mobilise pour réclamer une réforme urgente de la politique de l’eau, une politique dictée selon elle par les intérêts agricoles ce qui conduit à privilégier des mesures curatives et non à réduire les pollutions à la source, alors même qu'il est 2,5 fois moins coûteux de prévenir les pollutions plutôt que de dépolluer.

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