Présence des Insoumis à l’hommage aux victimes françaises du Hamas : « C’est une insulte aux juifs », estime Joël Mergui

Invité de Bonjour chez vous ce mercredi 7 février 2024, le président du consistoire israélite de Paris et d’Ile-de-France a réagi à la participation des élus Insoumis à l’hommage national rendu aux victimes françaises du Hamas le 7 octobre. Pour lui c’est un moment important pour les familles des 42 victimes françaises.
Stephane Duguet

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Avant l’hommage national rendu par Emmanuel Macron aux 42 victimes françaises du Hamas parmi les 1160 tués lors de l’attaque du 7 octobre en Israël, Joël Mergui, président du consistoire israélite de Paris, a fustigé la venue d’élus de la France Insoumise. « L’indé

une insulte aux juifs et à Israël », résume-t-il dans Bonjour chez vous sur Public Sénat.

Comme les familles de victimes réunies au sein du collectif No Silence, il estime problématique les prises de position des Insoumis depuis les attaques du Hamas. « On ne peut pas donner une forme de justification aux attaques du Hamas en ne dénonçant pas à ce jour encore, quatre mois après, ceux-là comme un mouvement terroriste et en disant que ce ne sont pas des juifs qui ont été assassinés mais des Israéliens alors que le Hamas veut s’attaquer à des juifs », déplore Joël Mergui. Des propos qu’ils regrettent notamment dans un contexte où les actes antisémites ont augmenté de plus de 1000% en France depuis le 7 octobre.

Interrogé sur la participation des élus insoumis mais aussi de ceux du Rassemblement National, il considère « [qu’aussi] bien pour la France Insoumise que pour les élus du Front National, il y a un passif avec la communauté juive, avec Israël, avec l’histoire de la Shoah. Ce passif doit être réparé »


« Hommage attendu »

L’hommage aux victimes françaises a lieu quatre mois jour pour jour après les assauts des assaillants du mouvement islamiste sur le sol israélien. Le président du consistoire israélite de Paris aurait aimé « qu’il arrive plus tôt » et souligne que c’était un « hommage attendu par la communauté juive et la communauté nationale ». Loin de vouloir polémiquer sur le délai choisi par Emmanuel Macron, il préfère « accompagner ce moment de deuil et de recueillement avec beaucoup de dignité ».

Joël Mergui affirme que pour les familles de victimes, il est important que « la France reconnaisse le Hamas comme organisation terroriste ». Le président du consistoire regrette néanmoins « les absents, les silencieux face au drame que vit Israël », pointant outre les élus insoumis, certaines personnalités du monde de la culture qu’il avait appelées à se mobiliser. Il se désole aussi que « la majorité des responsables musulmans n’aient pas condamné le Hamas comme un mouvement terroriste. C’est important pour notre cohésion nationale ».

« Temps mémoriel » pour les victimes françaises à Gaza contesté

L’Elysée a par ailleurs annoncé qu’il y aurait un « temps mémoriel » consacré aux victimes françaises de la guerre menée par Israël à Gaza suite aux attaques du 7 octobre. Les autorités donnent pour le moment le bilan de deux enfants français morts sur les plus de 27 000 victimes recensées par le Hamas dans l’enclave palestinienne. D’après une conseillère d’Emmanuel Macron citée par Le Monde, « il est évident que nous devons la même émotion et la même dignité aux victimes françaises des bombardements à Gaza ». Une initiative saluée par la France Insoumise, mais dont le président du consistoire israélite de Paris préfère prendre ses distances.

« Il n’est pas question pour nous de mettre sur le même plan des victimes intentionnelles d’un plan barbare, pogroms, assassinats, avec tout ce qu’on sait de préparation, de haine, avec les victimes collatérales d’une guerre. Et je voudrais voir de quelles victimes franco palestiniennes on parle », explique Joël Mergui. Il fait référence à une femme franco palestinienne condamnée pour financement du terrorisme. « J’espère qu’il ne s’agit pas de ce type de personnes à qui on pourrait rendre hommage ».

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