Weekly Cabinet Meeting, Paris, France – 31 Oct 2023
Mandatory Credit: Photo by Tom Nicholson/Shutterstock (14174939bh) French Justice Minister Eric Dupond-Moretti Weekly Cabinet Meeting, Paris, France - 31 Oct 2023/shutterstock_editorial_CabinetMeeting_14174939bh//2310311425

Procès d’Eric Dupond-Moretti : qu’est-ce que la Cour de justice de la République ?

Le garde des Sceaux se retrouve devant la justice ce lundi. La CJR est la seule institution habilitée à juger les ministres pour des actes commis durant l’exercice de leur fonction.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, est convoqué ce lundi devant la Cour de justice de la République (CJR) à 14 heures, et pour dix jours, au palais de justice de Paris. C’est une première pour un garde des Sceaux en exercice.

Il est accusé de conflits d’intérêts dans le cadre de ses fonctions. L’ancien ténor du barreau se dit « innocent » et répète n’avoir fait que suivre « les recommandations » de son ministère en lançant des enquêtes administratives contre quatre magistrats avec qui il avait eu des différends quand il était avocat.

Qu’est-ce que la CJR ?

Souvent décriée, la Cour de justice de la République est la seule institution habilitée à juger les membres du gouvernement pour des délits ou crimes commis dans l’exercice de leur fonction. Toutes les autres infractions qui n’ont aucun lien avec les décisions politiques sont du ressort des juridictions classiques, de droit commun. La CJR a été créée en 1993, à la suite de l’affaire du sang contaminé.

Qui la compose ?

La CJR est composée de 15 juges, dont 12 sont des parlementaires (6 députés et 6 sénateurs). On compte autant de membres suppléants. Après les sénatoriales du 24 septembre dernier, le Sénat a renouvelé les sénateurs membres de la CJR. Il s’agit maintenant de Catherine Di Folco (LR), Gilbert Favreau (LR), Évelyne Perrot (UC), Jean-Luc Fichet (PS), Thani Mohamed Soilihi (RDPI, Renaissance) et Jean-Pierre Grand (Les Indépendants). Mais signe que cette juridiction d’exception est perçue comme de plus en plus anachronique, plus d’une soixantaine de sénateurs avait refusé de prendre part au scrutin, ou ont exprimé un bulletin blanc ou nul, lors du vote, le 17 octobre. Dans son premier projet de réforme de la Constitution, qui a abouti à un échec, Emmanuel Macron avait souhaité supprimer la CJR, une idée consensuelle.

Qui peut saisir la CJR ?

La Cour de justice de la République peut être saisie par tout un chacun qui s’estime lésé par un crime ou un délit imputé à un membre du gouvernement dans l’exercice de ses fonctions. Pour le seul dossier de la crise sanitaire du covid-19, 14.500 plaintes sont ainsi arrivées à la CJR. À l’époque de la Haute cour de justice, avant 1993, seul le Parlement pouvait engager des poursuites contre un membre du gouvernement.

Quelle est la procédure ?

Le filtre est organisé par la commission des requêtes. Sept magistrats issus de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat et de la Cour des comptes décident d’engager ou non des poursuites vis-à-vis du ministre en question. La commission peut décider de classer la procédure ou de transmettre la plainte au procureur général près la Cour de cassation, afin de saisir la Cour de justice de la République.

Deuxième étape, si la plainte est déclarée recevable, elle est traitée par la commission d’instruction. Trois magistrats de la Cour de cassation, procède aux auditions des plaignants et des personnes incriminées. Vient ensuite la procédure de jugement. Les trois magistrats et les douze parlementaires se prononcent à la majorité absolue et à bulletin secret sur la culpabilité du prévenu, et si la culpabilité est prononcée, sur la peine infligée. L’arrêt peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation, en cas de rejet de ses décisions, et la Cour doit être recomposée avant de rejuger l’affaire.

Depuis sa création, la CJR a prononcé un jugement à l’encontre de huit ministres et deux secrétaires d’État. Un certain nombre de relaxes a été prononcé, mais on compte aussi quelques condamnations.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris Clashes Between Protesters and Police During Student Demonstration in Paris
5min

Société

17 octobre : En cas d’« affrontements graves et lourds », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisées », déclare le ministre de l’Intérieur

Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.

Le

Paris Journee mondiale de lutte contre le Sida
5min

Société

VIH : « La sérophobie doit être inscrite comme une discrimination à part entière », plaide la sénatrice écologiste Anne Souyris

Ce lundi était organisé au Sénat un colloque avec les Etats généraux des personnes vivant avec le VIH. Cette initiative, portée par les sénateurs Rémi Féraud (PS) et Anne Souyris (Les Écologistes), visait à présenter leur proposition de loi pour inscrire la sérophobie comme une discrimination « à part entière.

Le

French High School Students Take Part in “Act 4” Protest in Paris
4min

Société

Mouvements lycéens : Le point sur les mobilisations et blocages

La mobilisation des lycéens se poursuit de jeudi pour l’acte IV, rejoint par les étudiants. Les syndicats appellent à de nouveaux rassemblements dans plusieurs villes. Les trois syndicats lycéens doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.

Le