Projet de loi sur la fin de vie : les représentants des principaux cultes de France rappellent leur opposition au suicide assisté

Les responsables des principaux cultes se sont réunis ce mardi au sein de l’Université Paris Cité pour faire part de leurs points de vue sur les potentielles évolutions promises par Emmanuel Macron sur le projet de la loi sur la fin de vie.
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Entre philosophie, éthique et religion, les représentants des cultes se sont opposés à ce que le Grand Rabbin Haïm Korsia appelle « une rupture de société ». Que ce soit sous le nom d’euthanasie, suicide assisté ou aide médicale à mourir, tous s’y opposent. Haïm Korsia s’inquiète « on rentre dans un monde où tuer est un soin », tandis que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz fait appel à Dieu : « Dieu nous a donné la vie, c’est lui qui décide à quel moment il doit la reprendre ».

 

Davantage de moyens pour la mise en œuvre de la loi Claeys-Leonetti

Ensemble, ils appellent à mettre les moyens sur ce qui est prévu par la loi en termes de soins palliatifs : « Il y a déjà la loi Claeys-Leonetti qu’il faut faire vivre » selon Éric de Moulins Beaufort, président de la conférence des évêques de France. Le Grand Rabbin Haïm Korsia s’accorde avec lui sur ce point : « On a une loi très bien faite, avec un seul défaut : les soins palliatifs ne sont pas assez développés. Mettons-les enfin en place partout et ensuite on verra. » Quant à lui, Chems-Eddine Hafiz est persuadé que le combat sur la fin de vie est ailleurs : « je crois qu’il faut renforcer cette chaleur humaine qui manque dans les hôpitaux, qui manque aux patients qui se retrouvent en tête-à-tête avec les médecins ». Il déplore ainsi le manque de budget alloué à la loi Claeys-Leonetti, « il y a une loi sur les soins palliatifs mais, qui n’a pas été suffisamment mise en œuvre parce que ça nécessite, je dirais, un budget conséquent ».

 

« Pas de front uni » des religions

Malgré tout, une voix dissonante s’élève. François Clavairoly, pasteur et ancien président de la Fédération protestante de France a rencontré des personnes dans des situations d’extrême souffrance qui aimeraient pouvoir bénéficier d’une aide à la fin de vie. Il explique que le suicide n’est pas un tabou dans la religion protestante, et met en avant la liberté individuelle de chacun : « En espérant que la loi avec toutes les précautions nécessaires, et dieu c’est qu’il en faudra, puisse permettre l’expression de cette liberté et de ce choix ».

Les responsables des cultes rappellent qu’il n’y a « pas de front uni » des religions sur la question, mais espèrent être davantage entendus sur la question. Le chef de l’État qui a promis un texte pour le mois de février, les avait déjà reçus en janvier pour écouter leurs doléances sur la question.

Kanumera Creiche

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