Projet de loi sur la fin de vie : les représentants des principaux cultes de France rappellent leur opposition au suicide assisté

Les responsables des principaux cultes se sont réunis ce mardi au sein de l’Université Paris Cité pour faire part de leurs points de vue sur les potentielles évolutions promises par Emmanuel Macron sur le projet de la loi sur la fin de vie.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Entre philosophie, éthique et religion, les représentants des cultes se sont opposés à ce que le Grand Rabbin Haïm Korsia appelle « une rupture de société ». Que ce soit sous le nom d’euthanasie, suicide assisté ou aide médicale à mourir, tous s’y opposent. Haïm Korsia s’inquiète « on rentre dans un monde où tuer est un soin », tandis que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz fait appel à Dieu : « Dieu nous a donné la vie, c’est lui qui décide à quel moment il doit la reprendre ».

 

Davantage de moyens pour la mise en œuvre de la loi Claeys-Leonetti

Ensemble, ils appellent à mettre les moyens sur ce qui est prévu par la loi en termes de soins palliatifs : « Il y a déjà la loi Claeys-Leonetti qu’il faut faire vivre » selon Éric de Moulins Beaufort, président de la conférence des évêques de France. Le Grand Rabbin Haïm Korsia s’accorde avec lui sur ce point : « On a une loi très bien faite, avec un seul défaut : les soins palliatifs ne sont pas assez développés. Mettons-les enfin en place partout et ensuite on verra. » Quant à lui, Chems-Eddine Hafiz est persuadé que le combat sur la fin de vie est ailleurs : « je crois qu’il faut renforcer cette chaleur humaine qui manque dans les hôpitaux, qui manque aux patients qui se retrouvent en tête-à-tête avec les médecins ». Il déplore ainsi le manque de budget alloué à la loi Claeys-Leonetti, « il y a une loi sur les soins palliatifs mais, qui n’a pas été suffisamment mise en œuvre parce que ça nécessite, je dirais, un budget conséquent ».

 

« Pas de front uni » des religions

Malgré tout, une voix dissonante s’élève. François Clavairoly, pasteur et ancien président de la Fédération protestante de France a rencontré des personnes dans des situations d’extrême souffrance qui aimeraient pouvoir bénéficier d’une aide à la fin de vie. Il explique que le suicide n’est pas un tabou dans la religion protestante, et met en avant la liberté individuelle de chacun : « En espérant que la loi avec toutes les précautions nécessaires, et dieu c’est qu’il en faudra, puisse permettre l’expression de cette liberté et de ce choix ».

Les responsables des cultes rappellent qu’il n’y a « pas de front uni » des religions sur la question, mais espèrent être davantage entendus sur la question. Le chef de l’État qui a promis un texte pour le mois de février, les avait déjà reçus en janvier pour écouter leurs doléances sur la question.

Kanumera Creiche

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the “freedom” to have an abortion in the French Constitution
4min

Société

IVG dans la Constitution : qu’est-ce que ça va changer ?

Députés et sénateurs réunis en Congrès s’apprêtent à réviser la Constitution pour y inscrire la liberté d’avoir recours à une IVG. Pendant les débats parlementaires, une partie des sénateurs de droite s’est inquiétée de voir inscrit dans le texte fondamental, l’expression « liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ». Quelles seront les effets de cette révision constitutionnelle ?

Le

Projet de loi sur la fin de vie : les représentants des principaux cultes de France rappellent leur opposition au suicide assisté
3min

Société

Augmentation des frais de mandats des sénateurs : la mesure ne passe pas pour cet agent de la fonction publique territoriale

Considéré à tort comme un secteur protégé par la baisse générale du pouvoir d’achat en France, la fonction publique peine à augmenter les plus bas salaires. Si l’annonce de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat a pu en soulager certains, elle ne concerne pas tous les agents territoriaux. Une décision jugée inégalitaire, injuste, et qui détonne avec la récente augmentation de 700€ des frais de mandats des sénateurs. Interrogé par Tâm Tran Huy dans l’émission Dialogue citoyen, Benjamin Rapicault, fonctionnaire territorial, dénonce cette disparité.

Le

Projet de loi sur la fin de vie : les représentants des principaux cultes de France rappellent leur opposition au suicide assisté
3min

Société

« Avec le Smic, je ne vis pas, je survis » témoigne une jeune mère de famille

Ils sont près de 3 millions de salariés français à être rémunérés au Smic. Un chiffre beaucoup trop important pour le Premier ministre Gabriel Attal, qui, lors de sa déclaration de politique générale le 30 janvier dernier, a affirmé vouloir « désmicardiser la France ». Selon les régions et les charges, les difficultés des personnes au Smic peuvent être très différentes. Sur le plateau de l’émission Dialogue Citoyen, deux jeunes femmes ont accepté de témoigner de leurs situations.

Le

La sélection de la rédaction

Projet de loi sur la fin de vie : les représentants des principaux cultes de France rappellent leur opposition au suicide assisté
9min

Société

Fin de vie : « En quelques mois on peut arriver à un large accord de la société », veut croire Bernard Jomier (PS)

Alors que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu ce mardi un avis ouvrant pour la première fois, la « voie » à une « aide active à mourir », l’Elysée a confirmé l’organisation d’une consultation citoyenne au CESE en octobre, qui pourrait donner lieu à un changement de la législation à la fin de l’année 2023. Comme souvent, le sujet divise au Sénat, qui avait déjà examiné une proposition de loi sur la question il y a un an et demi.

Le

PARIS : M Touraine visite la maison medicale Jeanne Garnier
6min

Politique

Fin de vie : deux textes pour un Parlement divisé, le remède d’Emmanuel Macron

Lors de ses vœux aux autorités religieuses, Emmanuel Macron a annoncé qu’il n’y aurait pas un, mais deux textes sur la fin de vie en 2024. Le premier sur le développement des soins palliatifs et le second sur le sujet sensible de l’aide active à mourir. Au Sénat, on regrette une fois de plus le « en même temps » du Président.

Le