Jacques Attali : Quand l’histoire d’une famille rejoint l’Histoire
Un livre consacré à la France, à la famille, à la transmission et à l’histoire du monde. C’est tout cela que Guillaume Erner vous propose dans « Livres & vous » sur Public Sénat cette semaine en compagnie de son unique invité : un écrivain aux multiples facettes, Jacques Attali. « Le livre de raison » publié aux éditions Fayard est un roman qui nous fait voyager dans l’intimité d’une famille française, un roman qui aussi dévoile une coutume : quand au seuil de la mort, le chef de famille adresse une lettre à ses enfants comme pour sceller l’histoire de la lignée.

Jacques Attali : Quand l’histoire d’une famille rejoint l’Histoire

Un livre consacré à la France, à la famille, à la transmission et à l’histoire du monde. C’est tout cela que Guillaume Erner vous propose dans « Livres & vous » sur Public Sénat cette semaine en compagnie de son unique invité : un écrivain aux multiples facettes, Jacques Attali. « Le livre de raison » publié aux éditions Fayard est un roman qui nous fait voyager dans l’intimité d’une famille française, un roman qui aussi dévoile une coutume : quand au seuil de la mort, le chef de famille adresse une lettre à ses enfants comme pour sceller l’histoire de la lignée.
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Chez les Chardin, on respecte cette coutume, à la fois bilan et héritage, révélant aux siens un secret de famille au soir de sa vie. Ces lettres ont vocation à constituer un Livre de Raison qui renferme l’histoire de la famille… Car si « Le Livre de raison » est aujourd’hui le titre du dernier ouvrage de Jacques Attali, c’est aussi une coutume qui existait et qui existe encore dans des pays, notamment au Japon. « Prendre un livre blanc, un parchemin parfois, dans lequel le chef de famille écrit à la fin de sa vie les évènements importants : mariage, ventes immobilières par exemple avant de transmettre l’ouvrage à son aîné » c’est ça la tradition du Livre de raison que Jacques Attali fait découvrir à Guillaume Erner.

« Comme Forrest Gump, une famille totalement imaginaire se glisse dans des évènements qui sont réels »

Ici, souligne l’écrivain la raison doit s’entendre ainsi : « Vous me rendrez raison mes enfants, vous me rendrez compte en continuant l’histoire ». Une tradition portée notamment par l’Eglise depuis l’époque médiévale car elle permettait de retracer l’Histoire avec un grand H.
Aujourd’hui, « Le livre de raison » permet à Jacques Attali d’emmener son lecteur au cœur de l’histoire de France, sur six générations, du XIXe siècle à nos jours. Si les personnages sont fictifs, ils sont comme le souligne l’auteur « comme Forrest Gump, une famille totalement imaginaire mais qui se glisse dans des évènements qui sont tous réels ».
Ainsi l’un s’évade du camp d’Auschwitz, un autre poursuit une belle carrière de violoniste fréquentant les musiciens célèbres du milieu du XXe siècle…

Dans ce roman, Jean Chardin a deux fils François et Paul qui vont emprunter deux chemins totalement différents : Le premier, musicien de talent mais aussi antisémite convaincu et le second, médecin athée, communiste, opposé aux idées de son frère. « J’ai toujours été fasciné par ces trajectoires familiales opposées », raconte Jacques Attali, « cette double France qui a ébranlé le XXe siècle avec des collabos qui commettent des monstruosités et des personnages plus héroïques ».


Un roman épistolaire à la rencontre de personnalités qui ont marqué Jacques Attali et le XXe siècle

La révolution culturelle chinoise, l’Histoire de la Palestine, au fil des pages, Jacques Attali reprend des thèmes qui lui sont chers et sur lesquels il a déjà travaillé en tant que haut fonctionnaire et conseiller des politiques… « J’ai essayé de faire entrer des personnages historiques dans ce roman comme l’ancien Premier ministre d’Israël Shimon Peres que j’ai bien connu » explique-t-il.

Et si à la fin de l’histoire, située en 2023, l’un des personnages de Jacques Attali porte un regard très sévère sur notre pays, ce n’est le cas de l’écrivain qui déclare son amour à la France. « Moi qui ai le privilège de beaucoup voyager, je considère que c’est le pays le plus beau du monde, le plus riche, avec des inégalités certes, mais moins qu’ailleurs… j’ai peut-être plus d’amour pour la France que pour les Français » conclut-il dans un sourire en nous invitant à ne pas tomber dans « l’aigritude » et en renonçant à notre pessimisme.

Retrouvez l’intégralité de l’émission ici.

« Le livre de raison » de Jacques Attali – Ed. Fayard

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