« Quand le droit de grève est détourné, il faut remettre les choses en place », estime le sénateur Philippe Tabarot

Interpellé dans l’émission Dialogue Citoyen par un usager sur l’opportunité d’une loi sur la continuité de service à la SNCF en cas de grève, le sénateur LR des Alpes-Maritimes Philippe Tabarot déclare qu’une proposition de loi sur ce sujet va être examinée au Sénat à partir du 9 avril. Une proposition qui interdirait toute grève pendant une période encadrée.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« En décembre dernier, à cause des grèves, 2000 personnes sont restées sur le quai de la gare et n’ont pas pu aller travailler, » déplore David Charretier, navetteur entre Tours et Paris et président de l’association des usagers @TGVToursParis. En effet, si la loi sur le « service minimum », votée en 2007 et révisée en 2012, existe bien, cela ne signifie pas pour autant qu’un niveau minimal de transports est assuré en cas de grève.  « Alors à quand un nouveau dispositif pour assurer une vraie continuité de service ? » interroge-t-il. Une demande qui coïncide avec l’agenda du Sénat : un texte sur ce sujet sera justement examiné la semaine du 9 avril par la chambre haute.

Des textes pour les usagers du quotidien et les usagers occasionnels

La proposition de loi, déposée par le sénateur UDI Hervé Marseille, vise à « sanctuariser » jusqu’à 60 jours de l’année, notamment lors des fêtes, explique sur le plateau de l’émission le sénateur Philippe Tabarot. « Il y a un droit de grève, c’est un droit constitutionnel et on le respecte, mais quand il est détourné comme c’est le cas très régulièrement, il faut remettre les choses en place », estime le sénateur, qui a également déposé un texte sur ce qu’il appelle « les grèves du quotidien ».

Des annonces qui réjouissent le président de l’association d’usagers : « Ces propositions vont dans le bon sens car elles prennent en compte à la fois les usagers qui dépendent du train pour aller travailler et les usagers occasionnels. »

Relancer le dialogue social plutôt que de restreindre le droit de grève ?

En revanche, le sénateur écologiste Jacques Fernique, présent également sur le plateau, désapprouve l’idée. « Si on dit que 60 jours par an, il n’y a pas de droit de grève, cela s’appelle une interdiction du droit de grève », souligne-t-il. « Au lieu de restreindre ce droit, je crois que nous avons au contraire besoin d‘un dialogue social qui fonctionne. » « Mais la grève est devenue un préalable au dialogue social », intervient Philippe Tabarot. « C’est bien pour cela qu’il faut relancer le dialogue social », conclut Jacques Fernique.

Partager cet article

Dans la même thématique

JEUNE FILLE CONNECTEE SUR SON TELEPHONE PORTABLE
6min

Société

Désinformation : la numérisation des pratiques, terreau fertile des ingérences étrangères

Quatre Français sur 10 s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Or, les nouveaux espaces informationnels échappent largement aux outils de régulation, une brèche pour les puissances étrangères malveillantes. Ce jeudi 29 janvier, cette question était au cœur d’un colloque organisé par l’Arcom et le Sénat sur la liberté d’expression à l’heure du numérique.

Le

« Quand le droit de grève est détourné, il faut remettre les choses en place », estime le sénateur Philippe Tabarot
7min

Société

« Ce n’est pas une crise passagère ! » : les démographes alertent sur la rupture historique de la natalité

Pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat, les démographes de l’Ined et de l’Insee ont décrit une baisse durable, générale et profondément sociétale de la fécondité, loin des seuls effets économiques ou des politiques natalistes.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Société

Fin de vie : suspense au Sénat autour du scrutin sur un texte vidé de sa substance

Mercredi après-midi, le Sénat est amené se prononcer sur la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Un scrutin à l’enjeu incertain, car si la ligne la plus conservatrice du groupe LR du Sénat, incarnée par Bruno Retailleau, est parvenue à rendre le texte inopérant, une autre partie de la majorité sénatoriale aimerait qu’un texte sorte de la chambre haute, pour conforter le rôle du Sénat dans le processus législatif.

Le