Simplification du changement de nom : le Sénat adopte le texte dans une version remaniée
Les sénateurs ont examiné en séance la proposition de loi relative au choix du nom issu de la filiation. La commission des lois du Sénat avait mené début février un travail de réécriture. Le texte a été adopté par les parlementaires du Palais du Luxembourg ce 15 février en séance publique dans sa version amendée.

Simplification du changement de nom : le Sénat adopte le texte dans une version remaniée

Les sénateurs ont examiné en séance la proposition de loi relative au choix du nom issu de la filiation. La commission des lois du Sénat avait mené début février un travail de réécriture. Le texte a été adopté par les parlementaires du Palais du Luxembourg ce 15 février en séance publique dans sa version amendée.
Public Sénat

Par Louis Dubar

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La proposition de loi visant à simplifier le changement de nom a été adoptée le 26 janvier par les députés du Palais Bourbon. Le texte du député de l’Hérault Patrick Vignal soutenu par le collectif « Porte mon Nom » a été défendu par le garde des Sceaux, Éric Dupont Moretti à la Haute Assemblée, « le gouvernement est très attaché à cette proposition de loi qui vise à simplifier la vie des gens », des changements qui ne mettraient pas « en péril l’état civil actuel. »

Nom d’usage

La proposition de loi tel qu’adoptée à l’Assemblée facilitait le port du nom d’usage. Le texte initial prévoyait un assouplissement notamment en remplaçant le nom du parent qui lui a été transmis à la naissance par le nom de l’autre parent. Ce point a été retoqué par la droite sénatoriale. « Le nom est un élément essentiel de la construction de l’enfant […] Un enfant ne fait pas la différence entre un nom d’usage et un nom de famille », a estimé Marie Mercier qui préfère rester au droit existant, à savoir l’exigence de l’accord des deux parents pour l’adjonction « à titre d’usage » d’un nom ou à défaut l’autorisation d’un juge des Affaires familiales. Ces modifications de l’article 1 « dénaturent les intentions originelles » du texte selon le sénateur Henri Cabanel.

Une procédure de changement de nom de famille conservée en l’état

La commission des lois du Sénat a décidé de conserver la procédure actuelle de changement de nom de famille par décret. Les sénateurs modifient légèrement un critère administratif, les citoyens engagés dans ces démarches auprès du ministère de la Justice n’auront plus à justifier d’un intérêt légitime (nom à consonance ridicule ou déconsidéré, francisation d’un nom étranger, empêcher l’extinction d’un patronyme) pour justifier d’un changement de nom de famille. La sénatrice LR Marie Mercier se justifie cette décision de laisser les choses en état : me texte présente une « idée logique et séduisante, en faisant un changement de nom un acte banal mais engendrerait de nombreuses difficultés. » La sénatrice s’appuie notamment sur une étude publiée dans l’hebdomadaire L’Express soulignant le fait que 22 % des Français souhaiteraient changer de patronyme si la proposition de loi est adoptée.

La commission des lois du Sénat soulignait dans son rapport la crainte d’une surcharge administrative pour les officiers de l’état civil. Le gouvernement a préconisé avec un amendement un retour au texte tel qu’il a été adopté par les députés de l’Assemblée fin janvier. Les députés préconisaient l’adoption d’un système simplifié et déclaratif en mairie via un formulaire CERFA et l’abandon de la procédure longue et coûteuse de changement de nom de famille auprès du ministère de justice. Enfin, le texte prévoyait qu’une personne à sa majorité pourrait choisir son nom dans la limite du choix du nom du père ou de la mère ou en accolant les deux. Chaque année, chancellerie reçoit environ 4000 dossiers concernant un changement de patronyme.

Partager cet article

Dans la même thématique

Simplification du changement de nom : le Sénat adopte le texte dans une version remaniée
5min

Société

Surpopulation carcérale : « Il ne faut pas faire baisser le nombre de personnes qui rentrent en prison mais le temps qu’elles y passent », défend Darmanin

Auditionné par le Sénat le12 novembre dernier, le garde des Sceaux a été invité à détailler sa stratégie de lutte contre la surpopulation carcérale. Outre l’ouverture de 3 000 nouvelles places grâce aux prisons « modulaires », Gérald Darmanin entend aussi s’appuyer sur une limitation des mécanismes d’allégement des peines. L’objectif : assurer l’effectivité du passage en prison, ce qui devrait pousser les magistrats à réduire la durée des peines prononcées.

Le

Simplification du changement de nom : le Sénat adopte le texte dans une version remaniée
6min

Société

Réinsertion : la prison remplit-elle encore sa mission ?

En France, environ 90 000 détenus sortent chaque année de prison. Leur réinsertion devient alors un enjeu majeur pour notre société. Mais à l'heure où près de deux détenus sur 3 récidivent 5 ans après leur libération, la sénatrice centriste Dominique Vérien, co-autrice d'un rapport sur l'exécution des peines, souhaite redonner du sens aux sanctions pénales. Développement des aménagements de peine et des alternatives à l’incarcération, les pistes sont nombreuses… Dans le cadre d’un documentaire, Public Sénat fait le portrait de détenus et d’ex-détenus qui tentent de se reconstruire une vie après la prison.

Le

Simplification du changement de nom : le Sénat adopte le texte dans une version remaniée
6min

Société

Masculinisme : « Un projet politique organisé qui bénéficie de la complicité des plateformes et mène une guerre d’influence »

Les discours de haine à l’encontre des femmes se multiplient, tout comme les atteintes à leurs droits. Face à ces mouvements extrêmes, alimentés par des contenus masculinistes relayés en masse sur les réseaux sociaux, la délégation aux droits des femmes du Sénat tente de décrypter les moyens de réponse disponibles, pour endiguer ce phénomène.

Le