Sites pornos : les associations échouent à restreindre l’accessibilité aux mineurs
Le tribunal de Paris a rejeté vendredi la demande de plusieurs associations de protection de l’enfance qui demandaient le blocage de 9 sites pornographiques qui ne restreignent pas leur accès aux mineurs, conformément à une loi récente, votée sous l’impulsion du Sénat.

Sites pornos : les associations échouent à restreindre l’accessibilité aux mineurs

Le tribunal de Paris a rejeté vendredi la demande de plusieurs associations de protection de l’enfance qui demandaient le blocage de 9 sites pornographiques qui ne restreignent pas leur accès aux mineurs, conformément à une loi récente, votée sous l’impulsion du Sénat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le coup de pression sur les pouvoirs publics, des associations e-Enfance et La voix de l’enfant n’aura pas fonctionné. Fin juillet, elles avaient intenté une action en référé devant le tribunal de grande instance de Paris afin d’obtenir le blocage par les fournisseurs d’accès à Internet de 9 sites de vidéos pornographiques (Youporn, Redtube, Xhamster, Xvideos…).

« La juridiction des référés n’était pas en situation de pouvoir exercer le contrôle de proportionnalité des mesures sollicitées dans le respect du principe de la contradiction », motive le juge dans son refus.

En effet, suite à un amendement de la sénatrice LR Marie Mercier, la loi visant à protéger les victimes de violences conjugales, adoptée définitivement le 30 juillet 2020, oblige les sites pornographiques à mettre en place un contrôle de l’âge de leurs clients. Le CSA est chargé de leur adresser une injonction de mise en conformité. En cas de refus, le CSA peut saisir le président du tribunal judiciaire de Paris afin qu’il ordonne aux opérateurs de rendre impossible l’accès à ces sites depuis la France. Ce texte complète l’article 227-24 du Code pénal qui interdit la diffusion de messages pornographiques aux mineurs.

Mais voilà, depuis plus d’un an, les associations de protection de l’enfance vont de déconvenues en déconvenues car le décret d’application de la loi n’était toujours pas publié jusqu'à cette semaine comme l’expliquait Marie Mercier à publicsenat.fr début septembre.

Saisi par plusieurs associations, le CSA avait bien envoyé, au printemps dernier, une série d’observations aux plateformes concernées, mais faute de décret d’application de la loi, la procédure s’est arrêtée là. Ces sites ne respectent pas cette modification du Code pénal car ils ont toujours recours à un simple ‘disclamer’ (un clic : oui, j’ai plus de 18 ans ndlr).

Ce vendredi, le tribunal de grande instance de Paris considère que les associations requérantes « n’établissent pas avoir tenté de prendre contact » avec les sociétés éditrices de contenus pornographiques alors qu’elles sont « identifiables et expressément identifiées ».

Prenant acte de cette décision, sur Twitter, l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique (OPEN) indique « poursuivre sa saisine » devant le CSA en application de la loi du 30 juillet.

 Conformément à cette loi, les sites pornographiques devront proposer des dispositifs de blocage aux mineurs. L’année dernière, le Sénat avait auditionné  Grégory Dorcel, directeur général des productions Marc Dorcel, principal producteur de films porno français qui a recours à des modules Visa/MasterCard autorisant des transactions zéro euro, pour ses contenus gratuits. Le site JackyetMichel a déjà échangé avec le CSA autour d’un dispositif « My18Pass » destiné à vérifier l’âge de l’utilisateur via une carte bancaire.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Les Poulettes
4min

Société

Fessées, gifles : les parents franchissent encore la ligne rouge et surtout les pères

Selon la troisième édition du baromètre Ifop pour la Fondation pour l’enfance, publiée ce vendredi 17 avril, les représentations de l’autorité et du recours aux punitions corporelles diffèrent nettement selon le genre. Malgré leur interdiction depuis 2019, les violences éducatives ordinaires restent largement ancrées dans les pratiques parentales.

Le

Sites pornos : les associations échouent à restreindre l’accessibilité aux mineurs
6min

Société

Médias en ligne : « Si vous parlez de régulation, votre rôle de politique, c’est de nous protéger aussi », lance Denis Robert

La commission d’enquête sur « les zones grises de l’information » poursuit ses travaux au Sénat. Trois responsables de médias engagés – Blast, StreetPress et Basta ! – étaient auditionnés ce mardi 14 avril. Les intervenants ont en particulier été interrogés sur la limite à définir entre information et opinion. Mais aussi sur leur modèle de financement, qui demeure fragile. « C’est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes », a assuré Johan Weisz, fondateur de StreetPress, devant les sénateurs.

Le