Tests covid-19 : un enjeu « encore plus important » quand la France sortira du confinement
Le gouvernement a annoncé vouloir multiplier par quatre voire cinq le nombre de tests « sous une quinzaine» de jours. Mais déjà, la communauté médicale se prépare à un second type de tests, celui des anticorps présents dans l’organisme des personnes déjà infectées, en vue de la sortie du confinement. 

Tests covid-19 : un enjeu « encore plus important » quand la France sortira du confinement

Le gouvernement a annoncé vouloir multiplier par quatre voire cinq le nombre de tests « sous une quinzaine» de jours. Mais déjà, la communauté médicale se prépare à un second type de tests, celui des anticorps présents dans l’organisme des personnes déjà infectées, en vue de la sortie du confinement. 
Quentin Calmet

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C’est une promesse sous conditions. Mercredi après-midi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de la Santé a réaffirmé le nouvel objectif de la France en matière de tests : « nous allons continuer de nous conformer aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé en matière de tests » a expliqué Olivier Véran. « Nous serons en mesure de réaliser plus de 20 000 tests, sans doute plus de 25 000 tests par jour » a-t-il ajouté. Une promesse conditionnée à la livraison de réactifs et de kits de prélèvement, produits à l’étranger et sur territoire national. 

 

« Pourquoi les réactifs sont-ils bloqués ? »

 

Une course contre la montre s’est donc engagée en matière de tests PCR, c’est-à-dire de tests de dépistage du matériel génétique du virus, directement dans les cellules nasales des malades. Partout en France, les laboratoires se reconfigurent pour faire face à la demande. Le syndicat des biologistes médicaux, qui représente 4200 laboratoires privés, explique avoir lancé un recensement des moyens techniques disponibles. Mais déjà, le président du syndicat, François Blanchecotte, s’interroge. Les produits chimiques nécessaires aux tests se font rares : “Nos réactifs qui sont en commande : pourquoi sont-ils bloqués ? Est-ce par les fournisseurs car la demande internationale est trop grande ou est-ce qu’ils sont réquisitionnés pour l'hôpital public ?” nous confie-t-il, avant d’ajouter : ”Il y a une cause nationale et les biologistes ont la capacité de dépister l’ensemble des Français.” Ainsi, le président du syndicat plaide-t-il en faveur de l’envoi d’avions directement auprès des pays producteurs de matériels nécessaires aux tests, “comme le font les Etats-Unis”.

 

Elargir aux laboratoires de recherche et de génétique

 

De son côté, l’Académie nationale de médecine s’est également récemment emparé du sujet des tests. «Il faut garder les tests (de dépistage du virus, ndlr) pour les populations qui en ont le plus besoin » résume le professeur Eric Vivier, membre de l’Académie nationale de médecine. Mais afin d’augmenter le nombre de tests réalisés, l’Académie recommande d’élargir aux laboratoires de génétique et de recherche la possibilité d’effectuer ces tests. « Nombre de nos collègues aimeraient participer à l’effort, explique Eric Vivier, mais ils ne sont pas mobilisés ».

 

Dans son communiqué, l’institution appelle également à développer « des tests sérologiques indirects (...) pour la détection d’anticorps spécifiques du Sars-CoV-2, afin de préparer la mise en œuvre d’enquêtes séro-épidémiologiques ». Un élément « extrêmement important », selon Eric Vivier, car au moment de sortir du confinement, ce second type de tests sera utile « pour savoir quels sont les individus qui sont séronégatifs pour le Covid-19 ou séropositifs pour le Covid-19.» Ces tests sont en effet réalisés à partir d’une prise de sang. Ils permettent d’analyser la présence d’anticorps générés par l’organisme lorsqu’il est confronté au virus. Le professeur de médecine ajoute : “Mais la question qui se pose, c’est que les tests ne sont pas encore approuvés de manière consensuelle. Ils doivent encore être évalués”. Déjà, plusieurs équipes de chercheurs, dont une à Lyon, seraient en avance dans ce domaine. 

 

Un sujet surveillé de près par le ministre de la Santé. La sérologie « se développe à vitesse grand V » a-t-il expliqué mercredi au Sénat. “Cela sera très important pour savoir où nous en sommes de l’épidémie, à l’échelle du pays, à l’échelle de l’Europe et à l’échelle du monde. Cela sera très important au moment de déconfiner”.

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