Thanatopraxie : les dérives du business de la mort
Opacité des tarifs, risques pour la santé des thanatopracteurs, conséquences néfastes pour l’environnement… la thanatopraxie s’abandonne parfois à de nombreuses dérives. Dans un rapport sénatorial, Jean-Pierre Sueur, sénateur (PS) du Loiret formule 58 propositions pour réguler davantage cette pratique qui consiste à ralentir la décomposition naturelle des défunts.

Thanatopraxie : les dérives du business de la mort

Opacité des tarifs, risques pour la santé des thanatopracteurs, conséquences néfastes pour l’environnement… la thanatopraxie s’abandonne parfois à de nombreuses dérives. Dans un rapport sénatorial, Jean-Pierre Sueur, sénateur (PS) du Loiret formule 58 propositions pour réguler davantage cette pratique qui consiste à ralentir la décomposition naturelle des défunts.
Public Sénat

Par Marvin GUGLIELMINETTI

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Thanatopraxie: "Je prone la transparence totale" affirme Jean-Pierre Sueur
00:50

Même après la mort, les problèmes peuvent s’accumuler. Certains professionnels de la thanatopraxie profitent de la vulnérabilité des familles de défunts pour surfacturer leurs prestations. Des pratiques frauduleuses que le sénateur Jean-Pierre Sueur souhaite encadrer, grâce à 58 propositions formulées dans un rapport sénatorial publiée mercredi 10 octobre.             
Consistant à retarder la décomposition des morts, la thanatopraxie fait l’objet d’une confusion. Entre les soins de conservation, de présentation, ou encore les toilettes mortuaires ou funéraires, les pratiques sont nombreuses et certaines entreprises entretiennent allègrement ce flou. « Sous couvert de thanatopraxie, on peut alors s’apercevoir que des soins non invasifs de présentation [maquillage, coiffure] sont facturés » note le rapport. D’une confusion des termes naît donc une confusion des prix, si bien qu’un simple maquillage peut être facturé au prix d’une thanatopraxie.                 Lors d’une campagne de contrôle conduite en 2018, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a relevé un taux de 66,9 % d’infractions sur les devis modèles.

Des professionnels hors-la-loi 

Mais ce ne sont pas les seuls problèmes suscités par le business de la mort. Au contact des défunts, les thanatopracteurs risquent de contracter des maladies. La loi impose à ces professionnels d’être vaccinés contre l’hépatite B. Si la législation les contraint à prouver qu’ils ont bien bénéficié d’un vaccin, des carences existent, selon le rapport. « De nombreux thanatopracteurs indépendants exerçaient sans s’être mis en conformité avec cette obligation vaccinale et disposeraient pourtant toujours de leur habilitation. Cette situation pourrait laisser penser que les préfectures ne recensent pas la vaccination de tous les thanatopracteurs qu’ils ont habilités avant le 1er janvier 2018. »                            
Dans son rapport, Jean-Pierre Sueur poursuit en proposant un programme public de recherche sur les produits de substitution au formaldéhyde. Ce produit injecté dans le corps des défunts est cancérigène, et donc dangereux pour la santé des thanatopracteurs. Ses conséquences pour l’environnement sont aussi néfastes à cause des déchets liés aux soins à détruire après chaque intervention. Car même dans la mort, l’écologie a son importance.

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