Violences Policières : quand la Préfecture de Police riposte sur les réseaux sociaux
Début janvier 2020, alors que le débat sur les violences policières est ravivé par les manifestations contre la réforme des retraites, la Préfecture de Police innove sur ses réseaux sociaux. Traditionnellement muette face au buzz des vidéos de violences commises par des policiers, l’institution décide de s’engager dans le débat en affichant son soutien à ses troupes. Hashtag décrypte cette stratégie et ses dangers.

Violences Policières : quand la Préfecture de Police riposte sur les réseaux sociaux

Début janvier 2020, alors que le débat sur les violences policières est ravivé par les manifestations contre la réforme des retraites, la Préfecture de Police innove sur ses réseaux sociaux. Traditionnellement muette face au buzz des vidéos de violences commises par des policiers, l’institution décide de s’engager dans le débat en affichant son soutien à ses troupes. Hashtag décrypte cette stratégie et ses dangers.
Public Sénat

Par Arthur Bamas

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Dénoncer les violences subies par les policiers

LA PREFECTURE DENONCE LES VIOLENCES
00:51

Une guerre des images inédite

Pour Franck Louvrier, communicant et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, ces tweets sont une riposte inédite et efficace face au buzz des vidéos des manifestants. Ils permettent de rappeler que les policiers sont régulièrement la cible de violences. Cependant, au-delà de la nouveauté, il met également en garde la Préfecture : cette riposte n’appelle-t-elle pas à la surenchère ?

UNE NOUVELLE GUERRE DES IMAGES - FRANCK LOUVRIER
00:48

Désescalade ou surenchère ?

De son côté, le spécialiste en communication politique Thierry Herrant considère que, par ces messages, la Préfecture de Police rentre dans une logique de bloc à bloc. Puisqu’elle est assimilée au « camp » des policiers : « La Préfecture est jugée peu crédible pour communiquer sur de tels sujets. Et, alors que la communication devrait être dans une logique de désescalade, ses tweets recréent de l’affrontement. »

DESESCALADE OU SURENCHERE - THIERRY HERRANT
00:57

« Sortir du nombrilisme policier »

Mais cette stratégie de communication n’obéit-elle qu’à une logique de camps ? Pour Jean-Michel Schlosser, sociologue et ancien policier, le premier objectif de cette communication est de sortir la police de son silence pour lui donner l’image d’une institution ouverte sur le monde.

"Sortir du nombrilisme policier" - Jean-Michel Schlosser
00:32

Partager cet article

Dans la même thématique

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée
7min

Société

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée

Le rapporteur du projet de loi de lutte contre les fraudes, Olivier Henno, et sa collègue Nathalie Goulet, spécialiste de ces sujets, espèrent qu’un arsenal suffisamment « musclé » sortira des débats à l’Assemblée nationale. En commission, certaines dispositions votées par le Sénat en novembre ont été retirées.

Le

Paris : Illustration au Salon de l Agriculture
8min

Société

Salon de l’agriculture : un événement sans vache cette année… mais pas sans politique

C’est un Salon de l’agriculture un peu spécial, car pour la première fois sans vache, qui s’ouvre ce samedi. L’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, bien que maintenant terminée, a eu raison de la présence des bovins. Mais les politiques, eux, sont toujours autorisés à déambuler, malgré une épidémie de tensions ces derniers mois, sur fond de crise agricole.

Le

Violences Policières : quand la Préfecture de Police riposte sur les réseaux sociaux
4min

Société

Augmentation des prix : « Les marges de la grande distribution n’ont pas bougé » se défend Michel-Édouard Leclerc

Le président du groupe Leclerc a réfuté les mises en cause qui pèsent sur la grande distribution, accusée de « chantage mortifère » par la ministre Annie Genevard, dans le cadre des négociations avec les agriculteurs. Michel-Édouard Leclerc pointe la responsabilité de « l’amont » de la filière - les grands industriels de l’agroalimentaire.

Le