Violences sexistes et sexuelles dans le sport : « Cette question fait encore trop souvent la Une de l’actualité », regrette Amélie Oudéa-Castéra

Violences sexistes et sexuelles dans le sport : « Cette question fait encore trop souvent la Une de l’actualité », regrette Amélie Oudéa-Castéra

« S’agissant de la Fédération française de football, j’ai diligenté un audit. La lettre de mission est partie, l’équipe est constituée, elle commencera demain » affirme la ministre des Sports, alors que des ex-salariées de la FFF accusent son président, Noël Le Graët, de comportements « inappropriés » et de « harcèlement ».
François Vignal

Par Public Sénat

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Auditionnée par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat ce mercredi, la ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, a réagi aux nouvelles révélations qui concernent le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, mais sans le citer. Selon la cellule investigation de Radio France, des ex-salariées de la FFF accusent Noël Le Graët de comportements « inappropriés » et de « harcèlement ». L’intéressé « conteste fermement », dénonçant des allégations « mensongères et malveillantes ».

« S’agissant des points relatifs aux violences sexistes et sexuelles, malheureusement, c’est une question qui fait encore trop souvent la Une de l’actualité. Nous savons que plusieurs de nos fédérations doivent entreprendre leur vraie révolution culturelle sur ce plan. Et bien mieux s’emparer de cet enjeu, de les prévenir, de les traiter », affirme la ministre devant les sénateurs, avant d’évoquer le cas plus spécifique du football : « Vous savez que s’agissant de la FFF, j’ai diligenté un audit. La lettre de mission est partie, l’équipe est constituée, elle commencera demain ».

« On doit absolument continuer à progresser avec l’ensemble des fédérations pour systématiser tous les signalements »

Amélie Oudéa-Castéra souligne également « le relais que nous assurons au niveau de la plateforme de signalement du ministère des Sports, « signal-sports », qui a pu déjà récolter plus de 800 signalements, coordonner des mesures, des enquêtes de nature judiciaire et administrative, parfois disciplinaire, et notamment aider à ce que plus de 300 mesures de police administrative soient prises dans les territoires par les préfets pour éloigner, notamment de nos enfants, des éducateurs ou des personnes dont le profil aurait été source de tels traitements tout à fait inadmissibles », ajoute la ministre.

« C’est un combat qui demeure, je l’ai évoqué dans ma tribune (publiée dans Le Monde, elle y affirme que « dans le sport aussi, il est plus que temps que la honte change de camp. Ma conviction est faite depuis longtemps : tolérance zéro pour ces violences », ndlr). On doit absolument continuer à progresser avec l’ensemble des fédérations pour systématiser tous les signalements. Faire en sorte que cette obligation soit ressentie par chacun, que l’engagement collectif soit irréprochable et rappeler à leur responsabilité ceux qui, par le passé, n’auraient pas honoré leurs obligations de signalement », insiste Amélie Oudéa-Castéra.

« Probablement » un projet de loi sur les JO pour quelques « petits réglages »

Interrogée sur l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, qui approchent, la ministre a affirmé qu’un projet de loi spécifique pourrait bien voir le jour, sans donner de date. Il permettra notamment de répondre aux enjeux de sécurité, après le chaos du Stade de France.

« Sur la loi olympique, nous sommes dans une phase d’examen de la nécessité d’avoir recours à un projet de loi olympique et paralympique. […] Ce texte sera probablement nécessaire, mais nous n’avons pas du tout pu déterminer son calendrier d’examen », affirme la membre du gouvernement, précisant que ce serait « un texte ramassé au strict nécessaire », se limitant à des « petits réglages ».

JO : la France pourrait « avoir recours à des algorithmes anonymisés intelligents qui permettent de faciliter les dispositifs de vidéoprotection » pour les « mouvements de foule »

On y trouvera « des mesures sur le plan sanitaire » pour permettre « à des médecins étrangers de pouvoir délivrer des soins dans le centre de santé des athlètes », « l’extension à la Polynésie française de règles relatives au dopage », des mesures techniques sur les travaux d’aménagement et, point qui pourrait faire plus polémique, un renforcement de la vidéoprotection pour la sécurité et prévenir les mouvements de foule.

« C’est cet enjeu sur les leçons à tirer du Stade de France, sur la nécessité, pour mieux gérer les flux et avoir une meilleure anticipation sur leur impact de ce qui peut se passer en termes de perturbations dans les transports en commun, d’avoir recours à des algorithmes anonymisés intelligents qui permettent de faciliter les dispositifs de vidéoprotection », explique Amélie Oudéa-Castéra. Ce système devra répondre à l’enjeu des « mouvements de foule ».

Ces dispositifs seront « regardés sous l’œil vigilant de la Cnil et du Conseil d’Etat », assure la ministre des Sports. Elle écarte en revanche « la reconnaissance faciale », même si elle « comprend l’attente », mais elle souligne que « nous sommes dans des régimes qui ne prévoient pas ces dispositifs ».

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