Agressions d’élus : déjà plus de 1500 cas recensés cette année, en hausse par rapport à 2024 et 2025

Interrogé au Sénat après l’agression d’un maire dans le Nord le 8 mai, le ministre de l’Intérieur a indiqué que l’ensemble des édiles du pays seraient reçus par les préfets pour prendre connaissance des dispositifs de protection existants.
Guillaume Jacquot

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Nouveau cas d’agression d’un maire. Le 8 mai, en pleine cérémonie des commémorations, Steve Bansch, le nouveau maire sans étiquette de Waziers, près de Douai (Nord), a été frappé par l’un de ses administrés. Projeté au sol, il écope de 21 jours d’incapacité totale de travail. « Le motif ? Une demande de logement. Terrible banalité, triste banalité », s’est désolé ce 13 mai, lors des questions d’actualité, l’un des sénateurs du département, le centriste Olivier Henno.

Le parlementaire a souligné que sa question n’avait pas pour objet de « pointer du doigt la responsabilité du gouvernement », l’élu ayant été accompagné par la préfecture. « Ce dont il s’agit, c’est de refuser cette banalité de la violence […] les chiffres en matière de violences quotidiennes sont accablants et doivent nous interpeller », a-t-il déclaré.

« Il faut s’inquiéter évidemment de ce phénomène »

« C’est une agression extrêmement grave », a dénoncé à son tour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. L’ancien préfet a d’ailleurs communiqué sur de nouvelles statistiques en matière d’atteintes aux élus. La trajectoire est loin de s’améliorer. « On avait 2500 faits en 2024, 2500 en 2025 et là on est déjà à plus de 1500. C’est presque la moitié par rapport à 2025. C’est vrai qu’on a eu la campagne des municipales qui a été particulièrement agitée, mais il faut s’inquiéter évidemment de ce phénomène », a souligné le ministre, alors que le mois de mai est à peine entamé.

Laurent Nuñez a rappelé qu’un plan national de lutte contre les atteintes aux élus était décliné depuis 2023. Outre le travail de recensement, ce plan prévoit des mesures concrètes, comme la distribution de boutons d’alerte. Le maire agressé dans le Douaisis en a été équipé. Il a également souligné que la loi de 2024 avait renforcé les sanctions pénales en cas d’agression d’un élu. L’homme interpellé devra s’expliquer devant la justice le 4 juin.

Le ministre de l’Intérieur, aux côtés de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, a fait savoir qu’il avait écrit à l’ensemble des préfets, pour que ces derniers « reçoivent l’ensemble des maires pour leur rappeler ces dispositifs de protection existants ».

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