« Je crois que l’agriculture a besoin qu’on lui ouvre des perspectives » L’édition 2026 s’est ouverte dans une atmosphère morose. L’absence remarquée de bovins, mesure de précaution après l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui a touché plusieurs élevages à la fin de l’été, illustre la gravité de la situation sanitaire. À ces difficultés s’ajoutent les inquiétudes liées au projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, redouté par certaines filières pour ses effets sur la concurrence et les normes sanitaires. « Nous sommes là pour gérer les crises », a rappelé Gérard Larcher, venu rencontrer les agriculteurs avec une délégation de sénateurs. « Il faut prendre le pouls », a-t-il ajouté, évoquant la détresse des éleveurs contraints d’abattre leur troupeau pour limiter la propagation de la maladie. « Se séparer de son troupeau est quelque chose de terrible, mais c’est nécessaire sur le plan sanitaire », a-t-il reconnu.
Des textes attendus et une loi d’urgence à venir
Avant tout, Gérard Larcher attend que l’exécutif mette en œuvre « les textes déjà votés ». Il presse le gouvernement de publier les décrets d’application concernant l’eau, les produits phytopharmaceutiques et les dispositifs de transmission des exploitations agricoles.
Annoncé en janvier, au plus fort de la mobilisation paysanne, un projet de loi d’urgence agricole doit être examiné au Sénat en juin. Le président du Sénat souhaite un examen rapide, mais « sans précipitation » : « Il faut aller vite, mais ne pas aller n’importe comment », a-t-il averti, insistant sur la nécessité d’études d’impact solides pour éviter des textes « décevants, inapplicables ou inappliqués ». Il plaide pour un texte ciblé : « Il ne faut pas qu’il veuille tout embrasser, mais qu’il réponde à la levée des entraves en agriculture. »
Le volet controversé des pesticides
Sur le dossier sensible des produits phytosanitaires, Gérard Larcher appelle à sortir des postures « sans en faire un drame et en racontant des choses scientifiquement inexactes » et à s’appuyer sur des évaluations « juridiques et scientifiques solides ». Dans ce cadre, il a indiqué avoir saisi le Conseil d’État au sujet de la récente proposition de loi portée par le sénateur Laurent Duplomb, afin d’en sécuriser juridiquement les dispositions. Face à la crise agricole, il rappelle que l’efficacité législative est attendue autant que les annonces politiques.