Budget 2025 : « Il est indispensable de revoir la demande d’effort aux collectivités territoriales », estime Gérard Larcher

Depuis le congrès de l’Association des maires de France (AMF), le président du Sénat, Gérard Larcher a apporté son soutien aux élus qui protestent contre les ponctions de cinq milliards d’euros prévues dans le projet de loi de finances 2025.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Parfaitement dans son rôle de président de chambre des territoires, Gérard Larcher se tenait aux côtés des élus locaux, ce mercredi, Porte de Versailles à Paris, au Congrès des maires de France. Les 35 000 communes de France « jouent un rôle essentiel pour essayer de reconstruire le vivre ensemble dans ce pays », a-t-il affirmé au micro de Public Sénat.

A quelques jours de l’examen du budget au Sénat qui prévoit une contribution de 5 milliards d’euros demandée aux collectivités, dont trois milliards aux 450 plus grandes, Gérard Larcher rappelle que « le Parlement est autonome ». « Nous préparons un certain nombre d’ajustements sur le projet de loi du gouvernement », prévient-il assurant que la chambre haute respectera la trajectoire de retour à l’équilibre ». « Nous serons dans les 60 milliards d’économies et recettes supplémentaires qui ont été demandées […] Mais sur les collectivités, nous pensons qu’il faut revoir la demande d’effort », soutient-il, d’autant plus que « l’ensemble des collectivités représente 70 % de l’investissement ».

« Il faut retrouver l’esprit des lois de décentralisation »

La semaine dernière, le Premier ministre Michel Barnier a annoncé une réduction « significative » de l’effort pour les départements, dans une situation financière compliquée. Parmi les cinq mesures annoncées, deux concernent l’ensemble des collectivités, a précisé mardi le cabinet de la ministre du Partenariat avec les territoires Catherine Vautrin. Il s’agit de l’abandon de la rétroactivité de la baisse du taux de Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA), une aide à l’investissement pour les collectivités. La seconde mesure concerne le lissage sur quatre années au lieu de trois de la hausse des cotisations des employeurs territoriaux à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.

Le projet de loi de finances prévoit aussi la mise en réserve l’an prochain d’un « fonds de précaution pour les collectivités », de 3 milliards, alimenté par un prélèvement limité à un maximum de 2 % des recettes réelles de fonctionnement des collectivités « dont les dépenses de fonctionnement sont supérieures à 40 millions d’euros ». « Sur ce sujet, nous avons modifié, ce matin, en commission des finances, pour arriver à un taux d’effort qui n’est plus de 5 milliards mais de 2 milliards », explique, Gérard Larcher.

Enfin, le président du Sénat a plaidé en faveur d’une simplification afin de trouver des mesures d’économies. « Le coût des normes en France, en deux ans, c’est 4,1 milliards pour les collectivités locales. On cherchait 5 milliards. Regardez où ils sont. Il faut retrouver l’esprit des lois de décentralisation », conclut-il.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

maire bricoleur
6min

Territoires

Municipales 2026 : « Je m'étais engagé à faire le maximum pour sauver nos commerces », la croisade d’un maire contre le déclin des campagnes

PORTRAITS DE MAIRES – Benoît Hennart, élu en 2008 maire de Quittebeuf, un village de l’Eure, est allé jusqu’à s’endetter personnellement pour maintenir des commerces ouverts dans sa commune. Candidat à un quatrième mandat, cet ancien menuisier est également devenu au fil des années l’homme à tout faire de ses administrés.

Le

eau non-potable
8min

Territoires

« On regarde l’eau couler et on se dit que c’est du poison » : le cri d'alarme d'une maire face aux polluants éternels

Dans les Ardennes, treize communes sont privées d’eau potable depuis juillet à cause d'une concentration anormale de PFAS, appelés aussi les « polluants éternels ». Les collectivités, chargées d’assurer l’approvisionnement, n’ont pas les moyens d’assurer la dépollution des eaux. En l’absence de solution pérenne, la maire de Malandry, 80 habitants, réclame un suivi épidémiologique.

Le

Budget 2025 : « Il est indispensable de revoir la demande d’effort aux collectivités territoriales », estime Gérard Larcher
4min

Territoires

Loi-cadre sur les transports : Philippe Tabarot défend son texte qui doit « refonder le modèle de financement des transports et moderniser notre cadre juridique »

Auditionné par les sénateurs sur le projet de loi-cadre sur les transports, le ministre Philippe Tabarot a défendu un texte qui doit permettre de dégager de nouvelles ressources pour financer les réseaux de transports et assouplir le cadre juridique encadrant les grands projets d’infrastructure.

Le