Budget 2025 : Michel Barnier annonce un effort « réduit très significativement » aux départements

L’effort budgétaire demandé aux départements dans le cadre du budget 2025 sera réduit « très significativement » afin de tenir compte de leur situation « très spécifique », a annoncé vendredi le Premier ministre Michel Barnier en clôture du 93e congrès de l’association Départements de France.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Michel Barnier a « entendu » les départements de France. « Je suis là pour vous dire, que, tenant compte de votre situation très spécifique, nous allons réduire très significativement l’effort qui vous est demandé par le projet de loi de finances » a annoncé le Premier ministre qui s’est voulu rassurant en clôture du 93e congrès de l’association Départements de France. Il a fait le constat d’un « modèle départemental tel que connu depuis 30 ans arrivé « jusqu’à ses limites ».

Cinq mesures travaillées avec le Sénat

Pour ce faire, le premier ministre a annoncé cinq mesures « supplémentaires » auxquelles il a associé le Sénat dans leur genèse afin de réduire l’effort de 5 milliards demandés aux collectivités dont 2,2 milliards aux départements. « Nous proposons de réduire le prélèvement prévu au titre du fonds de réserve pour tenir compte du fait qu’une part importante de vos dépenses n’est pas pilotable », a-t-il indiqué promettant « une réduction très significative ». L’article 64 du projet de loi de finances prévoit en effet qu’à « compter de 2025, un prélèvement sera effectué sur le montant des impositions versées aux communes, aux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, aux départements et aux régions dont les dépenses réelles de fonctionnement […] sont supérieures à 40 millions d’euros ». Une contribution qui devait atteindre initialement 3 milliards d’euros, répartis entre 450 collectivités.

« Nous travaillons avec le président du Sénat, Gérard Larcher et le rapporteur général, Jean-François Husson pour définir les modalités de cette réduction », a-t-il ajouté.

Le gouvernement propose également de relever sur 3 ans à hauteur de 0,5 % le plafond des droits de mutation perçus par les départements. « Ce qui représente une ressource potentielle de 1 milliard d’euros ». Il s’agit d’un impôt partagé entre les départements, les communes et l’État lors des transactions immobilières. À l’issue de ces trois ans, Michel Barnier précise qu’un bilan sera fait. « Nous devons rester vigilants sur les conditions de la reprise immobilière. Un secteur majeur pour nous qui est à l’arrêt », a-t-il prévenu estimant que « l’effort était de son point de vue, acceptable ».

En ce qui concerne la baisse du taux du fonds de compensation de la TVA, un fonds qui a pour objectif de compenser en partie la TVA réglée par les collectivités, sur certaines dépenses d’investissement et de fonctionnement, le gouvernement « renonce au moins à son caractère rétroactif ».

En 2024 et en 2025, le soutien financier versé aux départements par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie sera également « rehaussé à hauteur de 200 millions d’euros », a annoncé Michel Barnier.

Enfin, reprenant une préconisation de la commission des affaires sociales du Sénat, le chef du gouvernement propose d’étaler sur quatre ans, et non plus trois, la hausse des cotisations des employeurs territoriaux à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). « Cet étalement va retarder le rétablissement de l’équilibre sur les régimes des retraites. Mais je pense que c’est nécessaire ».

A plus long terme, Michel Barnier a annoncé la création début 2025 d’une « instance de pilotage partagée entre l’Etat et les départements » chargée notamment de réfléchir à la création d’une « allocation sociale unique ».

« Les politiques sociales doivent désormais être conçues en commun par l’Etat et les départements », a-t-il souligné, plaidant pour une « contractualisation pluriannuelle qui anticipera et limitera » l’évolution des dépenses des départements.

Partager cet article

Dans la même thématique

APTOPIX France Extreme Weather Tornado
6min

Territoires

Tornade à Pomas : « C’est l’apocalypse, j’ai vu un village totalement détruit », raconte le sénateur Sébastien Pla

Au lendemain de la terrible tornade qui a frappé la commune de Pomas, dans l’Aude, le sénateur PS Sébastien Pla témoigne de la violence de cet événement hors normes. « C’est comme s’il y avait eu une bombe. J’étais tétanisé de voir ça », raconte l’élu. Face à la catastrophe, il a écrit au premier ministre, Sébastien Lecornu, pour « reconstruire à l’identique, sans que ça coûte un centime aux habitants de Pomas ».

Le

Ile de la Reunion
5min

Territoires

Outre-mer : le Sénat plaide pour « une stratégie nationale à destination des économies ultramarines » 

Après l’adoption d’un rapport sur la situation économique des Outre-mer, les sénateurs ont formulé plusieurs recommandations destinées à soutenir le développement économique de ces territoires. Les sénatrices à l’origine du rapport soulignent l’importance de développer de nouvelles filières et d’adapter les financements et le droit en fonction des situations spécifiques.

Le

4min

Territoires

Viticulture en crise : « La filière doit se remettre en question », des sénateurs sonnent l’alarme

Leader mondial, le secteur viticole français se heurte ces dernières années à une série de crises, marquées par les conflits commerciaux internationaux et l’évolution des habitudes des consommateurs et auxquelles il ne parvient pas à faire face. Une impasse qui tient en l’incapacité de l’amont et de l’aval de la filière à s’écouter, déplore une mission d’information de la commission des Affaires Économiques du Sénat.

Le

Paris: French Weekly Cabinet Meeting At The Elysee Palace
9min

Territoires

Après la canicule, Sébastien Lecornu appelle les maires à aller plus vite sur l’adaptation climatique : « Un exercice de communication », tancent les élus

Dans un courrier, le Premier ministre remercie les maires de France qui ont été en première ligne durant la canicule, mais adresse aussi quelques critiques sur l’insuffisance des investissements consacrés par les élus à l’adaptation climatique des bâtiments. S’il les appelle à accélérer, la question des moyens reste largement en suspens avec des enveloppes budgétaires à la baisse.

Le