Collectivités territoriales : David Lisnard déplore « zéro réponse » en termes de financement

Pour la clôture du congrès des maires à Paris, le Premier ministre a prononcé un discours très attendu par les édiles. Mais les maigres annonces égrenées par Sébastien Lecornu peinent à convaincre les élus présents.
Aglaée Marchand

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Cet après-midi se clôturait le 107e congrès des maires, organisé à Paris depuis mardi. Sébastien Lecornu est venu fermer le bal des discours. Sur la proposition du Premier ministre d’élaguer la plupart des normes qui seraient « déconnectées de la réalité », le président de l’AMF David Lisnard ne peut « que [s’en] réjouir », y voyant une « reconnaissance de la pertinence du discours de l’AMF depuis des années ». « Ce ne sera pas un méga changement, mais on prend ».

Il souligne toutefois deux « grands angles morts » : la « véritable décentralisation annoncée […] quasiment impossible à faire », et « zéro réponse » sur les finances. Et partage l’agacement d’André Laignel, son vice-président : « On dit qu’on en a assez, tous les ans, de dire les mêmes choses. […] Aujourd’hui, on est à la fin d’un système, ce qu’on vit c’est l’agonie de quelque chose, le Premier ministre, j’imagine qu’il essaye de faire au mieux dans cette agonie ». « Les finances telles qu’elles sont présentées voudraient faire croire qu’il pourrait y avoir une réparation des efforts, or, en fait, ce ne sont pas des efforts, ce ne sont que des prélèvements supplémentaires sur les collectivités pour alimenter un État qui ne se réforme pas », complète-t-il.

A ses côtés, la ministre de l’Aménagement du territoire François Gatel défend la ligne du gouvernement : « Il faut qu’on soit sur la pluriannualité, et il faut qu’on fasse une vraie réforme des finances locales, on est tous d’accord là-dessus. Je pense qu’il y a ce premier temps où on va commencer à clarifier qui fait quoi. Il faut statuer avec courage sur le financement de nos collectivités qui doivent avoir les moyens de financer les compétences que l’État leur a données ». « Ça fait cinquante ans qu’on n’a pas eu un budget équilibré, et qu’on a vécu comme des cigales. La fable de la Fontaine, elle dit qu’il y avait aussi une fourmi, et nous, on est en plein dedans ».

Pour un « transfert des pouvoirs réglementaires »

Reprenant la métaphore, le président de l’AMF considère que « le problème, c’est que la cigale vient faire la leçon à la fourmi en permanence, et ça fait des années qu’on fait ça ». Sur le côté, « 95 % des communes ont réduit leurs dépenses, il serait temps qu’on laisse mieux travailler les fourmis ». Il défend notamment un « transfert des pouvoirs réglementaires », à l’exception du régalien, « qui doit rester un monopole de l’État ». « Ça changerait tout », affirme-t-il, « ça veut dire qu’on irait beaucoup plus vite pour appliquer les lois, on n’aurait plus besoin de perdre du temps sur la différenciation et les dérogations […], on gagnerait considérablement en performance publique ». Mais, « pour le reste, il faut raisonner à l’envers. Ce n’est plus à l’État de déléguer des compétences aux collectivités, c’est à nous […] de faire remonter ce qu’on demande aux collectivités supérieures ».

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