Congrès des maires : « Il y a une exaspération croissante qui arrive presque à ébullition aujourd’hui », alerte David Lisnard

Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi, le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard veut faire entendre « l'exaspération croissante » des élus ces dernières années lors du Congrès des maires, qui débute mardi à Paris. Le maire (LR) de Cannes annonce une « action symbolique forte » pour exprimer leur protestation.
Théodore Azouze

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Faire entendre « les protestations » des maires. Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi, David Lisnard, président de l’Association des maires de France (AMF), estime que la tenue du Congrès des maires et des présidents d’intercommunalité sera l’occasion pour les élus locaux d’exprimer leurs revendications. L’événement annuel débutera ce mardi pour trois jours d’échanges sur la situation des communes. 

« Il y a une expression d’exaspération croissante depuis quelques années qui arrive presque à ébullition aujourd’hui » dénonce le maire (LR) de Cannes. Au début du mois, le vice-président à l’AMF, André Laignel, évoquait même un « congrès de la colère » pour qualifier ces trois jours de rencontres au parc des expositions de la Porte de Versailles. Parmi les causes de ce mécontentement ? « L’incapacité à agir » et « les injonctions contradictoires » imposées aux maires, liste David Lisnard.

Contexte d’efforts demandés aux communes

Ce nouveau Congrès a lieu dans un contexte d’efforts budgétaires exigés aux collectivités locales par le gouvernement. 5 milliards d’euros d’économies leur sont au total demandés. Dimanche, dans une interview au Journal du dimanche, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher a réclamé que ce chiffre soit abaissé à 2 milliards d’euros. « Il ne faut pas de punition collective, enjoint David Lisnard. Il faut arrêter de punir ceux qui dégagent de la capacité d’autofinancement. (…) À chaque fois, l’Etat vient piocher pour alimenter son déficit. »

Le président de l’AMF dit avoir « tiré la sonnette d’alarme »  sur l’état des finances publiques « avant tout le monde ». Il dénonce un « n’importe quoi qu’il en coûte « mené par l’exécutif » jusqu’à l’élection présidentielle » de 2022, conduisant selon lui à la situation budgétaire actuelle. « Attaquons-nous à la dépense publique et à sa performance en général », propose plutôt David Lisnard.

Un double happening durant le Congrès

Pour faire part de leurs revendications, une « action symbolique » se tiendra mardi « dans le hall principal du Congrès », a annoncé David Lisnard. Les maires se rassembleront à cet endroit, tandis qu’« une expression écrite très condensée et forte » sera affichée pour représenter leur état d’esprit. 

Un autre happening est prévu « probablement mercredi » au salon de l’AMF, cette fois en soutien des agriculteurs, qui y seront présents sur un stand réservé par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. « Le monde agricole et le monde municipal sont très liés en France », justifie David Lisnard, alors que la colère des agriculteurs resurgit ces derniers jours. Le responsable voit « une revendication commune » entre leurs problématiques et le quotidien des maires : celle de « ne plus en pouvoir d’être étouffés par la bureaucratie ».

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