Cyclone GARANCE, Reunion goes on red alert.
En attendant le cyclone tropical GARANCE - Waiting for tropical cyclone GARANCE.//KOCHVALERIE_sipa4142/Credit:VALERIE KOCH/SIPA/2502281020

Cyclone Garance à la Réunion : « C’est du jamais vu ! Les paysages sont apocalyptiques »

Deux jours après le passage du cyclone Garance qui a fait au moins 4 morts, 65 000 foyers restent totalement privés d’eau et 90 000 n’ont plus d’électricité. Trois sénatrices décrivent une situation apocalyptique dans le Nord, l’Ouest et l’Est de l’île.
Audrey Vuetaz

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« La Réunion est une terre de cyclones, mais nous n’avions jamais vu quelque chose comme Garance. » Audrey Bélim est sénatrice socialiste de la Réunion, elle a dû prendre l’avion le cœur lourd, pour un impératif au Sénat à Paris. Un déchirement, pour cette habitante et conseillère municipale de Saint-Denis de la Réunion qui ne reconnaît plus sa ville.

« Il y a eu des crues centennales : les ravines sont sorties de leurs lits, sont entrées dans les maisons et ont emporté des gens ; certains parmi mes voisins n’ont plus de toit, des portails ont été soufflés. » Viviane Malet, sénatrice Les Républicains est, elle à Paris, mais elle suit la situation minute par minute. « Au CHU les vitres ont explosé, les bébés ont dû être déplacés. Tout le monde était paré pour le cyclone mais personne ne s’attendait à cela. »

La sénatrice communiste Evelyne Corbière Naminzo abonde, elle sort de la préfecture : « Nous avons eu de la chance : nous avons été prévenus en amont et le cyclone qui est passé en journée n’a surpris personne dans la nuit. Mais il y a eu un vrai traumatisme et la situation reste très compliquée pour de nombreuses familles. »

 

Des dizaines de milliers de foyers privés d’eau

 

Le cyclone a violemment touché l’Ouest, le Nord et l’Est de l’île. Pour l’heure les secours et l’armée tentent de déblayer les routes et d’accéder à tous les sinistrés. Mais la question de l’accès à l’eau pose déjà problème, car elle est souvent liée à l’électricité. Dans beaucoup de foyers, l’eau est pompée dans des réservoirs. « A Saint-Denis, les centres communaux d’action sociale ont commencé la distribution de packs d’eau en bouteille, mais on parle de 150 000 habitants, c’est extrêmement compliqué, » souligne Audrey Belim qui a passé la journée d’hier au contact des sinistrés, comme de très nombreux acteurs locaux. « La colère commence à monter car il y a des inquiétudes en matière de santé et nous n’avons aucune information d’EDF sur la date d’un possible retour à la normale. »

Un retour à la normale, qui pourrait prendre beaucoup de temps ; l’an dernier, il avait fallu plusieurs jours à EDF pour rétablir le courant, après le cyclone Belal. « Il n’avait pourtant fait tomber qu’une ligne à haute tension, Garance en a fait tomber huit…. Et la remise en place des lignes à basse tension pourrait prendre encore plus de temps », précise la communiste Evelyne Corbière Naminzo « J’ai aussi alerté le préfet sur la question de l’eau en bouteille, il ne faut pas que certains en profitent pour augmenter leurs prix, nous serons très vigilants. »

 

Le ras-le-bol des cyclones à répétition

 

« Sur l’île, c’est l’exaspération, les habitants ont l’impression que l’on n’apprend pas des précédents cyclones », souligne la sénatrice Audrey Bélim. « En matière d’aménagement du territoire, nous sommes encore sur des normes continentales alors que des pays comme l’Australie ont fait d’autres aménagements et sont beaucoup plus résilients », ajoute-t-elle.

Un sujet qui devrait être porté à l’attention de Manuel Valls. Le ministre des Outre-mer est attendu sur l’île en fin de semaine, « peut-être jeudi ou vendredi ».

« Evidemment tout le monde reste aussi très inquiet, car la saison des cyclones ne se termine théoriquement qu’en avril », conclut Viviane Malet.

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