Déficits publics : « C’est le gouvernement qui a braqué la caisse », dénonce Stéphane Troussel

Le président socialiste du département de Seine-Saint-Denis affirme que le gouvernement doit assumer seul la responsabilité du déficit public, alors que la question de la contribution des collectivités territoriales se pose.
Rédaction Public Sénat

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Depuis la confirmation par l’INSEE du dérapage du déficit français, qui s’établit à 5,5 % du PIB pour 2023, les collectivités territoriales redoutent d’être contraintes à des efforts budgétaires. « Nous sommes tous dans le même bateau », a affirmé Gabriel Attal lors des questions d’actualité au gouvernement ce 27 mars, confirmant qu’un plan d’économies sera discuté avec les associations d’élus locaux le 9 avril.

« C’est le Mozart de la finance qui donne des leçons à tout le monde », fustige Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis et porte-parole du Parti socialiste. À la tête du département le plus pauvre de France métropolitaine, l’élu refuse une mise à contribution des collectivités : « Ce sont eux [le gouvernement] qui ont braqué la caisse et qui maintenant veulent nous faire payer la note de leur inconséquence. »

Des économies sources « d’inégalités entre les territoires et les citoyens »

Pour Stéphane Troussel, demander des économies aux territoires serait « injuste socialement, dangereux économiquement et inefficace ». Si 20 % des dépenses de l’État sont à destination des collectivités, l’élu local indique que se sont aussi elles qui, en contrepartie, « font l’investissement public ».

Le président de département dénonce des lois de décentralisation qui n’ont fait que « décharger » l’État de ses responsabilités, sans renforcer l’autonomie budgétaire des territoires. Face à « toutes les charges que l’État a transféré aux collectivités locales, dans un souci de diminution de ses propres dépenses publiques », Stéphane Troussel affirme que le gouvernement a créé « davantage d’inégalités entre les territoires et les citoyens ».

Symbole des difficultés rencontrées par les départements, de nombreuses manifestations s’organisent depuis plus d’un mois pour dénoncer le manque de moyens alloués à l’école publique en Seine-Saint-Denis. Élus locaux, enseignants, élèves et parents réclament un « plan d’urgence » de 358 millions d’euros pour aider le département à lutter contre le manque de personnels et la vétusté des bâtiments. Plusieurs manifestations sont de nouveau prévues ce samedi 6 avril.

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