Finances des collectivités : « On ne peut pas continuer à nous asphyxier comme ça », déplore Luc Carvounas

Luc Carvounas, maire (PS) d’Alfortville, a dénoncé à son tour ce jeudi l’ampleur des économies demandées aux collectivités, notamment les communes, dans le cadre du budget 2025. « On n'est pas en train de se plaindre, a-t-il insisté, invité de la matinale de Public Sénat. Nous les maires, nous sommes des gens responsables. » Il attend un geste du Premier ministre Michel Barnier cet après-midi, en clôture du Congrès des maires de France.
Théodore Azouze

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Il attend de la part de Michel Barnier « des preuves d’amour par rapport à nous, les collectivités territoriales ». Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Luc Carvounas, maire (PS) d’Alfortville, alerte à son tour sur la situation des finances publiques pour les communes. En ce jour de clôture du 106ᵉ Congrès des maires, le Premier Ministre Michel Barnier doit s’adresser aux édiles. Durant les deux premiers jours de l’événement annuel, les maires n’ont cessé de contester l’ampleur des économies demandées par l’État aux administrations locales. Au total, 5 milliards d’euros d’économies leur étaient réclamés dans le projet de loi de finances initialement présenté par le gouvernement. Mais, après avoir cédé pour atténuer l’effort concernant les départements, Michel Barnier a aussi annoncé, mercredi au Sénat, vouloir « réduire le poids de l’effort que nous demandions aux communes ». 

« Nous les maires, nous sommes des gens responsables »

Luc Carvounas « croit » que l’ex-négociateur du Brexit serait plus à même de faire un pas vers les élus locaux que les précédents gouvernements. « On n’est pas en train de se plaindre, résume l’ex-sénateur socialiste. (…) Nous les maires, nous sommes des gens responsables. On ne dit pas qu’on ne va pas participer à faire diminuer la dette publique. » Mais, insiste-t-il, « on ne peut pas continuer à nous asphyxier comme ça » du point de vue financier. Il espère obtenir plusieurs avancées de la part de l’exécutif cet après-midi.

Comme proposé par le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, Luc Carvounas entend voir réduire à 2 milliards d’euros les prélèvements sur les recettes de fonctionnement des collectivités territoriales. Autre vœu : celui de lisser la hausse sur au moins 4 ans, et non trois comme prévu actuellement, la part employeur de la Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales (CNRACL). La suppression de la baisse de 800 millions d’euros sur le Fonds de compensation de la TVA (FCTVA), qui permet aux collectivités d’investir dans des projets locaux, est aussi demandée par le responsable local, par ailleurs président de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Uncass).

La suppression de la taxe d’habitation ? « Macron a compris qu’il avait fait une bêtise »

Pour Luc Carvounas, il serait logique de voir à l’avenir la création d’un nouvel impôt local. Pour lui, la suppression de la taxe d’habitation, entérinée pour tous les contribuables sur les résidences principales depuis 2023, constitue un trou à combler pour les élus locaux. C’« était une stupidité et un coup politique du candidat Macron », synthétise-t-il. « Aujourd’hui, il comprend qu’il a fait une bêtise. »

« Il n’y a pas d’argent magique » pour trouver de nouvelles recettes, pointe Luc Carvounas. « Je pense qu’il faut recréer du lien entre la dépense et les services publics entre tous les habitants », à l’instar de la proposition de l’Association des maires de France de mettre de nouveau en place une contribution territoriale. La ministre du Partenariat avec les territoires, Catherine Vautrin, avait ouvert la porte début novembre à une réflexion sur une « participation possible au fait de vivre dans la ville ou le village ».

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