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Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron annonce aux élus le report des élections provinciales

Jeudi 25 juillet, les quatre parlementaires de Nouvelle-Calédonie (deux députés, deux sénateurs) étaient reçus à l’Elysée par le chef de l’Etat. Alors que la tension reste vive sur l’archipel, le chef de l’Etat a fait plusieurs annonces : les élections locales qui devaient se tenir avant la fin de l’année, devraient être reportées. Quant au dossier brûlant du corps électoral, une grande réunion avec toutes les forces politiques de Nouvelle Calédonie devrait se tenir mi-septembre.
Quentin Calmet

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4 min

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“Aujourd’hui, c’est le président de la République qui gère le dossier calédonien”, c’est ce que retient d’emblée le sénateur non-indépendantiste, George Naturel, à sa sortie de l’Elysée. La rencontre avec tous les élus parlementaires a duré un peu plus de 30 minutes, mais vu l’agenda présidentiel très chargé le sénateur se réjouit : “c’était important qu’il puisse rencontrer les quatre parlementaires calédoniens qui représentent les deux légitimités, à l’Assemblée nationale et au Sénat. (…) Il y des urgences actuellement, les calédoniens, nos concitoyens, se sentent un peu abandonnés.”

Plusieurs dossiers à gérer en urgence

Les invitations à se réunir ce jeudi 25 juillet à l’Elysée ont été envoyées dimanche soir par le chef de l’Etat. Autour de la table : Alexis Kohler, plus proche collaborateur d’Emmanuel Macron, mais également Patrice Faure, directeur de cabinet du président de la République et ancien Haut-commissaire de la Nouvelle-Calédonie, entre 2021 et 2023.

Parmi les sujets évoqués : les problèmes économiques liés aux émeutes qui secouent la Nouvelle-Calédonie depuis le 13 mai. “Il y a des entreprises qui ont tout perdu et qu’il faut relancer, il y a plus de 20 000 chômeurs, actuellement, il va bien falloir aussi les accompagner”, a plaidé le sénateur Georges Naturel. “Donc c’est l’accompagnement en temps réel en relation avec les assurances, les banques, des problèmes de trésorerie : c’est un sujet qui est traité par Bruno Le Maire, dans le cadre des affaires courantes, mais le président de la République est vigilant sur cet aspect.”

“Il y a un message politique à passer”

“Le premier problème est celui de la liberté de circulation, continue le sénateur membre du groupe Les Républicains, au Sénat. On en est encore en Nouvelle-Calédonie à ne pas pouvoir circuler normalement, en particulier dans le Grand Nouméa. Le président de la République nous a rassuré : il y a aura des moyens, des forces pour traiter ce sujet, mais cela ne suffira pas. Il y a un message politique à passer. Si on veut aborder les sujets de fond, il faut permettre à tous de circuler librement”, conclut Georges Naturel.

Plusieurs dossiers politiques brûlants évoqués

Le chef de l’Etat a fait plusieurs annonces importantes, ce jeudi 25 juillet 2024. “Les deux sujets qu’on connait bien, raconte Georges Naturel.  C’est la date des élections provinciales, celles-ci auraient dû avoir lieu avant le 15 décembre, je pense que tout le monde convient que c’est une date impossible à tenir, donc le président va engager les choses pour décaler ces élections à l’année prochaine. C’est faisable, ça peut se faire.”

Quant au deuxième sujet d’importance, le sénateur explique : “Il y a ce sujet du corps électoral : ce qu’il a proposé c’est de réunir, après la mise en place du gouvernement, c’est-à-dire peut-être à partir de mi-septembre, si c’est possible, les forces politiques de Nouvelle-Calédonie pour aborder les sujets de manière concrète et surtout sur le long terme.”

Les conditions d’un dialogue entre toutes les parties seraient donc de nouveau réunies. Georges Naturel explique :  “Il y a la reconstruction qui est un élément essentiel : il y a 2,2 milliards de travaux, pour l’instant, à réaliser. Et aussi reparler du dossier du corps électoral et définir le cahier des charges sur le cadre pour réaliser une mission du dialogue qui permettra de se mettre d’accord politiquement sur le dossier de l’avenir institutionnel.”

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