« Nous avons eu la volonté d’avancer parce que, la situation de la Nouvelle-Calédonie s’enlise sur le point de vue économique, social, budgétaire et que les populations sont en souffrance. Les cinq délégations qui étaient présentes ont eu la volonté de dépasser leurs postures politiques pour pouvoir avancer dans le cadre de de du bien-être de la population. » C’est ainsi que résume ce 21 janvier Veylma Falaeo, la présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, la réunion qui s’est tenue à l’Élysée lundi, en présence de la plupart des forces politiques de l’archipel.
Ce nouvel accord, dit « Élysée-Oudinot », doit compléter celui de Bougival signé en juillet 2025, qui porte notamment sur la question très sensible du dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. L’accord de Bougival prévoit notamment la création d’un État calédonien, inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement. Dans l’accord complémentaire, les signataires « réaffirment que chaque Calédonien a le droit de voir reconnaître ses aspirations politiques » et soutiennent pour l’archipel « l’exercice du droit à l’autodétermination », ou encore la possibilité de transfert de compétences.
Veylma Falaeo veut poursuivre le dialogue avec le FLNKS
Les militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont toutefois rejeté l’accord de Bougival, qui n’ouvre pas de perspective de souveraineté pleine. Le parti a également refusé de participer aux discussions lundi sur l’avenir institutionnel du territoire, ce que « regrette » Veylma Falaeo. Comment l’accord pourrait-il aboutir sans leur signature ? « Le consensus et les accords de la Nouvelle Calédonie ne peuvent pas se faire sans l’un des partenaires que ce soit du côté des indépendantistes, le FNKS, ou encore les héritiers du RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République) », poursuit la présidente du Congrès.
Reçue aujourd’hui par le groupe de contact Nouvelle-Calédonie du Sénat, elle s’est engagée à poursuivre le dialogue à son retour sur Le Caillou. À un mois de l’examen de la réforme constitutionnelle permettant de donner corps à l’accord de Bougival, elle s’est dit consciente de l’existence de « fragilités » sur ses chances de succès.
« La population souhaite qu’on renouvelle nos instances »
L’accord devrait également être soumis aux habitants de Nouvelle-Calédonie, la consultation est prévue en juin ou en juillet. « Ce qu’on sait, c’est qu’aujourd’hui, ils ont envie d’avancer, ils ont envie de vivre ensemble. On a eu une crise en mai qui a bousculé les choses, qui nous a meurtris. Aujourd’hui faisant en sorte d’avancer de manière positive », encourage la présidente du Congrès.
Dans la perspective de la mise en place de l’accord, les élections provinciales ont dû être reportées. Le scrutin, décalé à juin, devrait être reporté une fois de plus. « Le calendrier qu’on a dessiné ce weekend va faire bouger les choses. Ce qui a été indiqué, c’est que ces élections doivent être reportés une nouvelle fois et doivent se tenir avant la fin de l’année », détaille Veylma Falaeo. Elle anticipe déjà un sujet « difficile » avec les électeurs. « La population souhaite qu’on renouvelle nos instances, nous le savons. Mais si le processus doit aboutir, on sera obligés de passer par là. »