Comment le gouvernement portugais a décalé l’âge de la retraite à 66 ans sans faire de vagues
Avec un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, la France fait figure d’exception en Europe. Entre allongement de l’espérance de vie de la population et le déclin des naissances, la quasi-totalité des Etats membres de l’UE a prolongé le travail des seniors jusqu’à 65 ans, voire au-delà. C’est le cas au Portugal, où l’âge de départ à la retraite est calculé en fonction de l’espérance de vie.

Comment le gouvernement portugais a décalé l’âge de la retraite à 66 ans sans faire de vagues

Avec un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, la France fait figure d’exception en Europe. Entre allongement de l’espérance de vie de la population et le déclin des naissances, la quasi-totalité des Etats membres de l’UE a prolongé le travail des seniors jusqu’à 65 ans, voire au-delà. C’est le cas au Portugal, où l’âge de départ à la retraite est calculé en fonction de l’espérance de vie.
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Pour partir avec une retraite à taux plein quand on est portugais, il faut atteindre les 66 ans et 7 mois. Mais cet âge est amené à bouger au fur et à mesure des années, car au Portugal, une loi de 2007 a introduit un « facteur de durabilité », qui prend en compte l’espérance de vie pour fixer l’âge départ à la retraite.

« Aujourd’hui, c’est 66 ans et 7 mois mais ça va continuer à augmenter, car c’est lié à l’espérance de vie, en fonction du temps qu’il reste aux personnes après le départ à la retraite », confirme Margarida Marques, eurodéputée socialiste. Mais la législation portugaise a prévu des exceptions et une certaine flexibilité. « Si vous avez 40 ans de service, de travail, vous pouvez réduire votre âge de départ à la retraite. Pour chaque année, vous pouvez réduire des mois dans le temps, et partir avant 66 ans et 7 mois. »

« Comment avez-vous fait cette réforme sans avoir de grands mouvements sociaux ? »

Une réforme des retraites menée par le gouvernement socialiste de José Socrates, qui a mis des mois à parvenir à un consensus avec les partenaires sociaux, afin disait-il de garantir la pérennité d’un système par répartition. « La dernière fois qu’on a fait la grande réforme des retraites, on n’a pas eu de manifestation car ça a été un long processus de négociations avec les partenaires sociaux et on a réussi a trouvé un système en mise en place progressif. » D’ailleurs, Margarida Marques se souvient de l’étonnement de Michel Barnier, alors commissaire européen en charge du marché intérieur : « Je me rappelle que, quand le ministre portugais a fait la réforme du système de pensions, le commissaire européen français à l’époque, Michel Barnier, a visité le Portugal, et il a demandé au ministre : est-ce que vous pouvez m’expliquer comment vous avez fait cette réforme sans avoir de grands mouvements sociaux ? Est-ce que vous pouvez venir en France pour nous aider à faire la réforme des pensions ? ».

Plus d’un million et demi de retraités pauvres au Portugal

Mais plus de 15 ans après l’adoption de cette réforme, la situation des retraités au Portugal n’est pas forcément enviable. Plus d’un million et demi de personnes perçoivent moins de 600 euros de pension par mois alors que le salaire minimum est à 705 euros brut mensuel.

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