Covid-19 : On s’est longtemps cru à l’abri « sur notre balcon européen » pour cette médecin
L’irruption brutale du Covid-19 dans nos vies, nous rappelle la fragilité de l’homme. Les progrès de la science, nos modes de vie ont peu à peu éloigné ce risque, au point de nous croire hors de danger. Invités de l’émission Un monde en docs, médecins, sénateur, et philosophe ont réagit à l’apparition du coronavirus dans les pays développés qui se sont longtemps crus à l’abri des maladies infectieuses.

Covid-19 : On s’est longtemps cru à l’abri « sur notre balcon européen » pour cette médecin

L’irruption brutale du Covid-19 dans nos vies, nous rappelle la fragilité de l’homme. Les progrès de la science, nos modes de vie ont peu à peu éloigné ce risque, au point de nous croire hors de danger. Invités de l’émission Un monde en docs, médecins, sénateur, et philosophe ont réagit à l’apparition du coronavirus dans les pays développés qui se sont longtemps crus à l’abri des maladies infectieuses.
Public Sénat

Par Pierre Bonte-Jospeh

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Déambuler d’un pas lent, se croiser, voir sa famille, ou se donner l’accolade, autant de gestes d’une époque insouciante qui paraît lointaine. Depuis, la crainte de contracter le coronavirus a envahi tout l’espace. Un risque qui avait disparu au fur et à mesure de la mise au point de vaccins.

Les maladies dégénératives ont remplacé les maladies infectieuses

Car si les habitants des pays développés se sentent aujourd’hui, à l’abri d’une telle contagion c’est d’abord pour Claude Malhuret, sénateur et médecin grâce aux progrès de la science tout au long du 19 et 20 eme siècle, dans ces pays détaille-t-il : « les maladies infectieuses ont fait place aux maladies dégénératives comme les maladies cardiovasculaires, ou le diabète » avant d’ajouter que si  « si les virus vont faire plusieurs centaines de milliers de morts -il ne faut pas oublier que- les secondes en font des millions ».

Un sentiment d’immunité trompeur, pour Anne-Marie Moulin, philosophe et aussi médecin : « Nous avons vécu une partie de notre vie sous le règne de l’éradication des maladies, en 1978 l’OMS déclare l’éradication de la variole, et c’est le premier pas d’une marche triomphale vers la conquête du monde microbien…ça a été une grande déception de découvrir que « non »…nous vivons encore avec les microbes, nous ne les maîtrisons pas vraiment ».

« On s’est cru invulnérables »

Pour la philosophe, vivre sans craindre les maladies infectieuses est loin d’être le cas dans tous les pays. Pour Anne-Marie Moulin : « on s’est cru invulnérables mais on a oublié qu’en Afrique, qu’en Asie et en Amérique la maladie frappe encore » ajoute-t-elle avant de poursuivre « On oublie que la méningite sévit au Sahel. On était sur notre balcon européen, on assistait à Ebola, mais on était malgré tout rassuré parce qu’Ebola ne débordait d’Afrique. On oublie les maladies infectieuses parce qu’elles ne nous concernent pas » 

« On ne sait plus que l’homme est mortel et on se scandalise lorsqu’il meurt »

Mais plus que le retour des virus pour Claude Malhuret la stupéfaction générale vient de l’irruption dans nos vies quotidiennes de l’idée de notre propre fragilité : « Ce qui fait le plus scandale en définitive c’est, de mourir. Aujourd’hui on a l’impression que c‘est un scandale de mourir, alors que l’humanité a vécu avec l’idée qu’elle était fragile et le plus souvent qu’on mourrait avant l’heure. On ne sait plus que l’homme est mortel et on se scandalise lorsqu’il meurt. Ça laisse l’homme plus désemparé qu’avant. »

— —

Un débat à voir sur Public Sénat..

Précédé du documentaire sur Alexandre Yersin, « Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger », Alexandre Yersin, vainqueur de la peste. Un Film de Stéphane Kleeb

Partager cet article

Dans la même thématique

Covid-19 : On s’est longtemps cru à l’abri « sur notre balcon européen » pour cette médecin
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le