« Ça n’a été que trois longs mois d’hypocrisie ». Exaspéré par le décalage entre les appels à continuer de travailler pendant la crise du Covid-19 et la perception dégradée de son métier le calme revenu, le chauffeur routier Anthony Moretto livre un constat amer sur la période de confinement.
Invité à témoigner dans l’émission Dialogue Citoyen il dénonce « la déconnexion » de la classe politique.
Hier applaudi, aujourd’hui klaxonné : ce chauffeur routier dénonce « 3 mois d’hypocrisie »
« Ça n’a été que trois longs mois d’hypocrisie ». Exaspéré par le décalage entre les appels à continuer de travailler pendant la crise du Covid-19 et la perception dégradée de son métier le calme revenu, le chauffeur routier Anthony Moretto livre un constat amer sur la période de confinement.
Invité à témoigner dans l’émission Dialogue Citoyen il dénonce « la déconnexion » de la classe politique.
Par Arthur Bamas
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Anthony Moretto fait partie de ses travailleurs qui, en était « sur le front » pendant toute la période de confinement, de ceux et celles qui ont permis de maintenir le pays à flot. Mais pour lui, ce sacrifice s’est doublé d’une « hypocrisie » généralisée.
« Alors que tout le monde se confinait, on nous a demandé de rouler à l’autre bout de l’Europe »
« Alors que tout le monde se confinait, on nous a demandé de rouler à l’autre bout de l’Europe, sans se soucier de notre propre sécurité ». Ces quelques mots résument bien le sentiment du routier. Pour lui d’un côté, les pouvoirs publics encourageaient à respecter les gestes barrières, à soutenir les travailleurs en première et en deuxième ligne face au virus. De l’autre, ces mêmes travailleurs étaient engagés dans une course à la productivité au mépris parfois des règles de sécurité.
Envoyés aux quatre coins de l’Europe, parfois au plus près des foyers de contamination, les chauffeurs routiers ont effectivement été forcés de composer avec la fermeture des restaurants et sanitaires d’autoroute, et autorisé à dépasser les temps de conduite habituel afin de livrer plus rapidement. Alors quand des applaudissements retentissent, ou que des panneaux d’autoroute appellent à faire preuve « solidarité », Anthony Moretto n’y voit que des paroles en l’air.
« Il faut mettre fin à la déconnexion des élus »
Après avoir fait part de sa situation, le patron-chauffeur s’adresse directement aux deux sénatrices présentes sur le plateau : « Honnêtement, je n’attends plus grand chose des élus. Vous êtes tellement déconnectés de nos réalités qu’il vous est impossible de prendre des actions concrètes » lance t-il, agacé.
Un sentiment partagé par Véronique Guillotin. Pendant le confinement la sénatrice RDSE de Meurthe-et-Moselle a elle-même repris sa « blouse blanche de médecin » et s’est rendue compte que on est vite « déconnectée si on reste dans ses fonctions entre sa circonscription et Paris » avant d’ajouter « vous avez été en deuxième rideau, et pourtant vous n’avez bénéficié que de très peu de reconnaissance. Je pense comme vous qu’il faut mettre fin à cette déconnexion de la classe politique ».
Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.
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Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications
La création d’un droit à l’aide à mourir a été définitivement adoptée par les députés ce mercredi. Un dénouement législatif qui ne signifie pas une entrée en application immédiate. Le texte doit encore passer l’obstacle du Conseil constitutionnel et faire l’objet de décrets d’application qui mettront plusieurs mois à être publiés.