La sénatrice Véronique Guillotin alerte le gouvernement sur la baisse des consultations hors-covid
Sénatrice de Meurthe-et-Moselle, Véronique Guillotin a repris son activité de médecin dès le début de la crise du covid-19. Aujourd’hui, elle alerte Edouard Philippe sur la baisse des consultations hors covid. Selon elle : « Il est important de dire aux gens qu’il doivent se faire suivre ».

La sénatrice Véronique Guillotin alerte le gouvernement sur la baisse des consultations hors-covid

Sénatrice de Meurthe-et-Moselle, Véronique Guillotin a repris son activité de médecin dès le début de la crise du covid-19. Aujourd’hui, elle alerte Edouard Philippe sur la baisse des consultations hors covid. Selon elle : « Il est important de dire aux gens qu’il doivent se faire suivre ».
Quentin Calmet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’espace d’un instant, la sénatrice hésite. Est-ce il y a deux ou trois semaines ? Au téléphone, elle marque une courte pause et réfléchit. Elle semble avoir perdu la notion du temps puis se reprend : « Je travaille depuis maintenant trois semaines dans l’unité covid… Que dire sur mon quotidien ? C’est un boulot à temps plein avec des horaires étendus. J’essaie de mener en même temps ma fonction de parlementaire. Je me fais le relai des personnels de santé, des patients…. »

« Nous, en Meurthe-et- Moselle, nous sommes un peu épargnés », dit-elle avec prudence. « Sur le nord du département, dans un bassin de 100 000 habitants, on a des lits d’avance. On arrive à faire entrer et sortir les patients, on a un turn-over… »

 

Un courrier au Premier ministre

 

Au téléphone, rapidement, la sénatrice engage la discussion sur les sujets graves du moment : « On est alerté par les hôpitaux plus petits : il y a un décrochage très important des actes de consultations, des patients chroniques ou des pathologies plus graves. »

Certains malades renonceraient à venir se faire soigner ou à surveiller leur santé, « du fait du covid ». Une situation potentiellement grave, « qui doit être rééquilibrée », selon cette élue du Mouvement radical. 

« Selon certains syndicats de médecins, les consultations ‘hors-covid’ ont baissé de 40%. Ce n’est pas une petite baisse, c’est une baisse sensible. (...) Au début de la crise, personne n’était vraiment très organisé… donc effectivement, ça toussait dans les salles d’attente…  Il y a des organisations qui se sont mises en place, avec des centres covid, des parcours de soin. Il est important de dire aux gens qu’il doivent se faire suivre. C’est une alerte importante. » martèle Véronique Guillotin. 

Second sujet d’importance qui a conduit la sénatrice à écrire au Premier ministre : la pénurie de certains médicaments, « ceux utilisés dans les services de réanimation : curare, le midazolam (un sédatif), et certains antibiotiques… On sent que les hôpitaux ont peu de marge de manoeuvre… » s’inquiète-t-elle. 

La sénatrice, élue en 2017, a repris du service dans l'hôpital qu’elle connaît bien en Meurthe-et-Moselle. Au début de sa carrière, elle avait été interne dans cet établissement de Mont-Saint-Martin. 

 

Des personnels hospitaliers vaillants

 

Avant de raccrocher, on évoque son moral. La sénatrice, discrète, explique : « On est dans l'action, on ne se pose pas trop de questions, mais c’est quand même difficile… Quand on arrive dans le service, on se dit ‘on fait le boulot’, mais le poids revient quand on rentre à la maison. Les nuits ne sont pas de tout repos, ça travaille. Quand on reprend de la distance, le climat est lourd. Pour les soignants, on peut pas s'empêcher de se poser des questions. Le personnel est vaillant, on a des équipes très engagées… »

Parmi les moments les plus difficiles à vivre, il y a la mort des patients, sans leurs proches. Elle-même a dû s’habituer à cette idée terrible : « On dit au gens, ce n'est pas possible. C’est humainement très douloureux… » Le silence se fait au téléphone. « C’est arrivé quelques fois… » dira simplement Véronique Guillotin. 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

La sénatrice Véronique Guillotin alerte le gouvernement sur la baisse des consultations hors-covid
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

La sénatrice Véronique Guillotin alerte le gouvernement sur la baisse des consultations hors-covid
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le