« Mon expérience sensible du monde a disparu », le témoignage touchant d’une jeune femme en confinement
Invitée à témoigner dans l’émission « Dialogues citoyen », Agathe Manuel, étudiante de 19 ans confie son ressenti et explique ce que la Covid-19 et les confinements ont changé dans son quotidien de jeune adulte, et la prive de cette expérience sensible du monde source principale d’inspiration et d’engagement.

« Mon expérience sensible du monde a disparu », le témoignage touchant d’une jeune femme en confinement

Invitée à témoigner dans l’émission « Dialogues citoyen », Agathe Manuel, étudiante de 19 ans confie son ressenti et explique ce que la Covid-19 et les confinements ont changé dans son quotidien de jeune adulte, et la prive de cette expérience sensible du monde source principale d’inspiration et d’engagement.
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Par Nils Buchsbaum

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2 min

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Agathe Manuel est présente sur le plateau de l’émission « Dialogue citoyen », mais pas physiquement. Elle est en effet confinée chez elle et déplore que la plupart de ses échanges soient maintenant virtualisés : « Mon expérience sensible du monde et des autres, mon expérience concrète, cette matière-là a presque soudainement disparu. Les échanges sont virtualisés à l’extrême. »

« Les échanges sont virtualisés à l’extrême »

Après trois années en classes préparatoires, elle attendait avec impatience l’entame d’un cursus à L’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris, mais le nouveau confinement imposé par le gouvernement à l’automne 2020 est venu bouleverser ses projets scolaires tant qu’artistiques. Elle constate ainsi la manière dont cette situation influe sur ses études : « Les effets de cet isolement sont aussi présents dans mes études. J’ai l’impression d’y être sans y être. Il n’y a pas de vie d’école, les cours se font à distance. On ne peut pas sortir d’un cours et prendre un café avec des camarades. J’ai du mal à me sentir concernée par des professeurs en deux dimensions dont la voix est complètement altérée et sort d’un écran plat. »

« J’ai du mal à me sentir concernée par des professeurs en deux dimensions dont la voix est complètement altérée et sort d’un écran plat. »

Mais la distanciation sociale imposée n’est pas seulement physique. Agathe Manuel regrette que l’isolement social, le poids de la routine et le fait que « nos vies et nos discussions tournent principalement autour du COVID » produisent sentiment d’abattement et d’impuissance. Elle déclare : « Les conditions dans lesquelles je vis aujourd’hui ont pour effet de m’ôter l’envie de s’engager. On a l’impression d’être complètement impuissants, que notre voix ne compte pas, qu’on doit juste obéir. » Elle a l’impression d’avoir seulement le choix entre obéissance ou culpabilité si elle décide de voir quand même quelques amis.
 

Retrouvez l’intégralité de l’émission Dialogue citoyen sur notre replay

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