34 000 supporters sans billet valide : « Il n’a jamais été dit que ces personnes étaient aux stricts abords du stade », corrige Didier Lallement
Auditionné au Sénat sur les incidents qui ont eu lieu au Stade de France le 28 mai dernier, Didier Lallement est revenu sur le fameux chiffre de 30 à 40 000 supporters présents sans billet valide qu’il a fourni à Gérald Darmanin. Il a maintenu ce chiffre et, face à la contradiction des images, a expliqué que ces supporters n’étaient pas « aux abords immédiats » du stade.

34 000 supporters sans billet valide : « Il n’a jamais été dit que ces personnes étaient aux stricts abords du stade », corrige Didier Lallement

Auditionné au Sénat sur les incidents qui ont eu lieu au Stade de France le 28 mai dernier, Didier Lallement est revenu sur le fameux chiffre de 30 à 40 000 supporters présents sans billet valide qu’il a fourni à Gérald Darmanin. Il a maintenu ce chiffre et, face à la contradiction des images, a expliqué que ces supporters n’étaient pas « aux abords immédiats » du stade.
Louis Mollier-Sabet

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« J’ai bien vu que ce chiffre faisait débat. » En effet, l’une des principales questions après le fiasco de l’organisation de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France le samedi 28 mai dernier, c’est bien la présence de ces 30 à 40 000 supporters Anglais sans billet valide qui auraient été la cause des dysfonctionnements d’après Gérald Darmanin et Didier Lallement. C’est donc tout naturellement que le préfet de police a dû s’en expliquer devant les sénateurs. Parce que c’est bien lui « le seul responsable » de ce chiffre, comme il l’a lui-même rappelé devant les commissions des Lois et de la Culture, en expliquant comment il avait formulé ce chiffre au lendemain du match : « Ce chiffre remontait des constats des opérateurs de transport, ce n’est pas moi qui compte les personnes dans les wagons. Mais également des dispositifs que nous avions et du constat des fonctionnaires de terrain sur des éléments de volume, qui est fait classiquement par rapport à ce que l’on connaît de ce genre d’événements. »

Le chiffre qui expliquait en grande partie les difficultés qu’a rencontrées la police française dans la gestion de foule n’a donc pas de « vertu scientifique » d’après celui qui l’a fourni. Il était « simplement » le fruit « de la remontée d’une information absolument capitale : il y avait largement plus de personnes que la contenance du stade. Si ces personnes avaient toutes fait pression sur les barrages et sur les portes nous allions à d’extrêmes difficultés », a ajouté Didier Lallement. Interrogé à plusieurs reprises sur la question, le préfet de police finit même par affirmer que l’exactitude du chiffre a peu d’importance : « Peut-être me suis-je trompé dans le chiffre que j’ai donné au ministre […] Jamais je n’ai prétendu qu’il était à quelques milliers parfaitement juste, mais il me paraît totalement refléter ce qu’était la situation autour des supporters. […] J’ai bien compris que c’était un sujet politique, d’une façon opérationnelle, qu’il y ait eu 20, 30 ou 40 000 personnes susceptibles de rentrer dans le dispositif, les compter à 5000 près n’avait pas grande importance. »

« Voilà la déclaration du ministre de l’Intérieur que vous ne confirmez pas »

Pressés par les questions des sénateurs, comme le président de la commission des Lois, François-Noël Buffet, « surpris que les chiffres annoncés ne soient pas corroborés par les images de vidéosurveillance », ou le sénateur LR Michel Savin, qui interroge Didier Lallement sur une photo de TF1 prise à 20h58 : « Où se trouvent à 20h58 les 30 à 40 000 personnes sans billet ou avec des faux billets ? Ce n’est pas qu’un problème politique, parce que le ministre nous a répondu que c’était la principale cause du report du match. » Réponse de Didier Lallement : les 30 à 40 000 supporters n’étaient pas sur le parvis du Stade de France, mais au-delà des barrages de préfiltrage, c’est pourquoi on ne les voit pas sur les images : « Il n’a jamais été dit que ces personnes étaient aux stricts abords du stade. Les 30 à 40 000, on les subodorait sur la périphérie de nos barrages et sur les arrivées, au regard des éléments fournis par les opérateurs. […] Les 30 à 40 000 personnes dont j’ai parlé n’étaient pas aux abords stricts du stade. Elles étaient au-delà des barrages que nous avions, qui contrôlaient l’accès au parvis du stade. Il n’y avait pas 30 à 40 000 personnes aux portillons du stade, personne n’a jamais dit ça. »

D’ailleurs, le préfet Lallement conteste même que cette présence de supporters surnuméraires soit la principale cause de report du match : « Je ne crois pas qu’il ait été dit que c’était la principale cause du report du match : la principale cause du report du match était le fait que tous les spectateurs n’étaient pas encore rentrés dans le stade. Les supporters Anglais n’étaient pas tous là : ils étaient en partie devant le stade, d’autres étaient ailleurs, je ne peux pas vous dire où ils étaient. Ils sont arrivés progressivement ce qui a expliqué cette décision du monde sportif de reporter le début du match. » Une analyse contestée par Michel Savin, qui reprend une déclaration faite par Gérald Darmanin le 1er juin dernier imputant les faits de délinquance observés « au fait qu’il y avait des dizaines de milliers de personnes en plus qui ne rentraient pas dans le stade et qui étaient étrangères. » Et le sénateur LR de l’Isère d’ajouter : « Voilà la déclaration du ministre de l’Intérieur que vous ne confirmez pas. Vous nous dites qu’il n’y avait quasiment personne à l’extérieur du stade à part ceux qui n’étaient pas rentrés. » Didier Lallement n’apportera pas plus de détails, sinon qu’il pensait avoir été « très, très clair » et qu’il y avait eu « plusieurs temps » dans les flux de supporters aux abords du stade : « Le nombre de personnes autour du stade variait en fonction de ces différentes phases. »

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